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Jules Mazarin,chapitre,8

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L'arbitre de l'Europe

(Entrevue des deux rois sur l'île des Faisans) de Louis XIV et de Philippe IV (roi d'Espagne) en 1659. On distingue la fille de Philippe IV, future reine de France, derrière lui. Par Jacques Laumosnier.
Articles connexes : Traité de Münster (janvier 1648), Traité de Münster (octobre 1648) et Traité des Pyrénées.
Mazarin n'a pu donner sa mesure en temps de paix car les hostilités ont duré pendant tout son ministère. Quand il arrive au pouvoir, le Saint-Empire romain germanique, les Provinces-Unies, le duché de Milan, la Catalogne Nord, le Portugal servent déjà de champ de bataille.
Lui-même ouvre un nouveau front sur les rives du grand-duché de Toscane et se voit contraint d'intervenir à Naplesi, obligeant ainsi les Espagnols à disperser leurs forces. De longues opérations, coûteuses en hommes et en armement, sont engagées en vue de conquérir des positions stratégiques.
Les grandes victoires qui jalonnent la régence52 (bataille de Rocroi 1643, bataille de Fribourg 1644, bataille d'Alerheim 1645, bataille de Lens 1648) portent des coups décisifs à l'empereur Ferdinand III de Habsbourg qui se résigne à la paix (traité de Münster (octobre 1648)). Mais la France, affaiblie par la Fronde, doit poursuivre la lutte contre l'Espagne. Elle ne parvient pas à terminer un conflit qui s'éternise. Bien que l'ennemi soit épuisé lui aussi, elle doit recourir à l'alliance anglaise(53.) La bataille des Dunes (1658) permet enfin d'ouvrir les négociations de l'Île des Faisansj. Dans ces succès militaires, Mazarin a une large part, et a poursuivi la guerre malgré la lassitude des populations et un fort courant pacifiste. Il a veillé journellement au sort des armées. En inspirant de très près l'action du secrétaire d'État Michel Le Tellier, en dressant des plans de campagne, en choisissant les généraux, en stimulant les chefs de guerre, il a été l'âme du combat.


Sa relation avec Anne d’Autriche, correspondances secrètes

Portrait de Jules Mazarin, attribué à Mathieu Le Nain, château de Versailles.
Les historiens s’interrogent sur la nature exacte des relations de Mazarin et d'Anne d’Autriche. Des lettres échangées depuis son premier exil, utilisant des codes, sont parfois très sentimentales, bien que ce soit le style de l’époque d’écrire avec beaucoup d’emphase(54,)(55,)(56,)(57.)
« Au pis aller, vous n'avez qu'à rejeter la faute du retardement sur 15 (qui signifie Anne) , qui est… (illisible) (signe pour Anne) (signe pour Mazarin) jusques au dernier soupir. L'enfant vous mandera toutes choses. Adieu, je n'en puis plus. (signe pour Mazarin) lui sait bien de quoi. »
Leur relation fut en tous cas très étroite. Elle a sans doute été renforcée par leur isolement politique lors de la Fronde. La question de savoir si Mazarin et Anne d'Autriche s'aimèrent est controversée. Certains ont analysé leur correspondance de sorte qu'ils ont cru pouvoir y déceler une liaison58 (voire un mariage secret), qui reste hypothétique, entre l'homme d'Église et la reine mère.
De nombreux amants ont été attribués à Anne d'Autriche (voir ici). Le duc de La Rochefoucauld disait, pendant la Fronde, que Mazarin rappelait sûrement à la reine le duc de Buckingham. Son éventuelle paternité de Louis XIV, comme des historiens l'ont avancé, est aujourd'hui démentie par l'analyse génétique(59)(,60.)


Correspondance
Les lettres de la reine sont perdues (la série de 11 lettres autographes qui a subsisté commence en 1653), mais on peut juger de leur ton par celui qu'employait Mazarin.
Lettres à la reine du 11 mai 1651 :
« Mon Dieu, que je serais heureux et vous satisfaite si vous pouviez voir mon cœur, ou si je pouvais vous écrire ce qu'il en est, et seulement la moitié des choses que je me suis proposé. Vous n'auriez pas grand-peine, en ce cas, à tomber d'accord que jamais il n'y a eu une amitié approchante à celle que j'ai pour vous. Je vous avoue que je ne me fusse pu imaginer qu'elle allât jusqu'à m'ôter toute sorte de contentement lorsque j'emploie le temps à autre chose qu'à songer à vous : mais cela est, à tel point qu'il me serait impossible d'agir en quoi qui en pût être, si je ne croyais d'en devoir user ainsi pour votre service.
Je voudrais aussi vous pouvoir exprimer la haine que j'ai contre ces indiscrets qui travaillent sans relâche pour faire que vous m'oubliez et empêcher que nous ne nous voyions plus […] La peine qu'ils nous donnent ne sert qu'à échauffer l'amitié qui ne peut jamais finir.
Je crois la vôtre à toute épreuve et telle que vous me dîtes ; mais j'ai meilleure opinion de la mienne, car elle me reproche à tout moment que je ne vous en donne pas assez de belles marques et me fait penser à des choses étranges pour cela et à des moyens hardis et hors du commun pour vous revoir […] Si mon malheur ne reçoit bientôt quelque remède je ne réponds pas d'être sage jusqu'au bout, car cette grande prudence ne s'accorde pas avec une passion telle qu'est la mienne […]
Ah ! que je suis injuste quand je dis que votre affection n'est pas comparable à la mienne ! Je vous en demande pardon et je proteste que vous faites plus pour moi en un moment que je ne saurais faire en cent ans : et si vous saviez à quel point me touchent les choses que vous m'écrivez, vous en retrancheriez quelqu'une par pitié, car je suis inconsolable de recevoir des marques si obligeantes d'une amitié si tendre et constante, et d'être éloigné.
Je songe quelquefois s'il ne serait pas mieux pour mon repos que vous ne m'écrivissiez pas, ou que, le faisant, ce fût froidement ; que vous dissiez […] que j'ai été bien fou à croire ce que vous m'avez mandé de votre amitié, et enfin que vous ne vous souvenez plus de moi comme si je n'étais au monde. Il me semble qu'un tel procédé, glorieux comme je suis, me guérirait de tant de peines et de l'inquiétude que je souffre et adoucirait le déplaisir de mon éloignement. Mais gardez-vous bien d'en user ainsi ! Je prie Dieu de m'envoyer la mort plutôt qu'un semblable malheur, qui me le donnerait mille fois le jour : et si je ne suis pas capable de recevoir tant de grâces, il est toujours plus agréable de mourir de joie que de douleur(61.) »

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