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commune de paris (1871),chapitre,10

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« Nous avons écouté toutes les délégations qui nous ont été envoyées, et pas une ne nous a offert une condition qui ne fût l'abaissement de la souveraineté nationale devant la révolte. (…) Le gouvernement qui vous parle aurait désiré que vous puissiez vous affranchir vous-mêmes… Puisque vous ne le pouvez pas, il faut bien qu'il s'en charge, et c'est pour cela qu'il a réuni une armée sous vos murs… (…) si vous n'agissez pas, le gouvernement sera obligé de prendre, pour vous délivrer, les moyens les plus prompts et les plus sûrs. Il le doit à vous, mais il le doit surtout à la France. »
Le 10, Charles Delescluze remplace Louis Rossel démissionnaire comme délégué à la Guerre. Le 13, les Versaillais occupent le fort de Vanves, mais sont arrêtés par l'artillerie de remparts de la Commune. Le 17, la cartoucherie de l'avenue Rapp explose dans des circonstances peu claires : on parlera de sabotage, mais il s'agissait d'une poudrerie dans laquelle on faisait des travaux de soudure[réf. nécessaire].
Le 21 mai, grâce à Jules Ducatel, piqueur des Ponts et Chaussées, qui est monté sur le bastion no 64 pour avertir les Versaillais que la place n'est plus gardée, l'armée régulière pénètre dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Commence alors la Semaine sanglante. Ducatel, arrêté par les fédérés, va être fusillé devant l'École militaire quand il est sauvé par l'arrivée de l'armée régulière. Son acte inspire au directeur du Figaro, Hippolyte de Villemessant, le lancement d'une souscription publique qui rapporte à l'intéressé 125 000 francs-or.


Répression
Article détaillé : Semaine sanglante.

L'arrestation de Louise Michel le 24 mai 1871, par Jules Girardet.
La Commune est finalement vaincue durant la Semaine sanglante qui débute avec l'entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s'achever par les derniers combats au cimetière du Père-Lachaise le 28 mai. Elle avait duré 72 jours.

Mgr Darboy, archevêque de Paris, fusillé comme otage par des communards le 24 mai.
La répression contre les communards est impitoyable : tous les témoins mentionnent les nombreuses exécutions sommaires commises par les troupes versaillaises, frappant — par exemple — ceux dont les mains portent ou semblent porter des traces de poudre révélant l'emploi récent d'armes à feu. Les trois principaux charniers à l'intérieur de Paris étaient au Luxembourg (3 charniers), à la caserne Lobau et au cimetière du Père-Lachaise[réf. nécessaire]. En 1876, le journaliste et polémiste socialiste Prosper-Olivier Lissagaray, ancien communard, estime de 17 000 à 20 000 le nombre des fusillés35. En 1880, le journaliste et homme politique Camille Pelletan, membre du Parti radical-socialiste élève le nombre des victimes à 30 00036. Toutes ces estimations ont été depuis largement revues à la baisse par l'historien britannique Robert Tombs, qui estime que les communards ont eu entre 6 000 et 7 500 morts, dont environ 1 400 fusillés(37)(,38.) Les Versaillais déplorent 877 tués, 6 454 blessés et 183 disparus dans les combats livrés du 3 avril au 28 mai(39.)


Cette répression a toutefois l'appui des grands élus républicains de l'Assemblée nationale, qui pour préserver la République, encore fragile, donnent leur accord à Thiers, craignant la surenchère des communards. Tel est notamment le cas de Léon Gambetta, Jules Ferry, Jules Grévy qui évoque « un gouvernement factieux », Jules Favre « une poignée de scélérats ». Les députés parisiens condamnent en majorité les communards. L'historien François Furet explique dans La Révolution, tome II, les raisons pour lesquelles Thiers sera soutenu dans sa reprise de Paris par des élus républicains modérés pour empêcher de nuire une minorité insurrectionnelle qui « a pris le pouvoir contre la République », souligne-t-il. À cette époque, la plupart des écrivains dont Zola et George Sand, sont hostiles à la Commune. La répression recueille une approbation générale dans le pays à cause des excès commis et du contexte. François Furet note que le socialisme français pâtit « de l'exil du mouvement ouvrier », et écrit que « ces morts, ont une nouvelle fois et plus profondément encore qu'en juin 1848, creusé le fossé qui sépare la gauche ouvrière et le républicanisme bourgeois ».
Dans le même temps, les communards fusillent 47 otages. La plupart sont des religieux. Le plus célèbre d'entre eux, l'archevêque de Paris Georges Darboy, est arrêté le 4 avril 1871 avec quatre autres clercs en application du « décret des otages ». Enfermé à la prison Mazas, il est exécuté à la Roquette, à la suite de l'attaque versaillaise, le 24 mai. À cette exécution s'ajoutent celles des dominicains d'Arcueil et des jésuites de la rue Haxo. Pendant toute la semaine du 20 au 28 mai, celle de l'offensive contre la Commune, la Bourse de Paris reste fermée(40) alors qu'elle était jusque-là restée ouverte. L'historien britannique Robert Tombs avance que les représailles « ne furent pas autorisées par les derniers membres de la Commune. Les quatre principaux incidents (il y eut aussi des exécutions sporadiques de personnes soupçonnées d'être des espions ou des traîtres) eurent lieu soit à l'initiative d'un petit nombre d'individus, en particulier des blanquistes, soit furent la conséquence d'une rage spontanée de fédérés du rang et de passants dans une situation confuse et traumatique »(41.)


Les tribunaux prononcent 10 137 condamnations dont 93 à mort, 251 aux travaux forcés, 4 586 à la déportation (en particulier en Nouvelle-Calédonie), les autres à des peines de prison variables. Vingt-trois condamnés à mort seront effectivement exécutés. Les lois d'amnistie interviennent en 1880. Longtemps encore après les événements, la gauche reste hostile au général Gaston de Galliffet, surnommé pour son zèle répressif « le boucher de la Commune ». Bien qu'il fût légitimiste, Albert de Mun s'élève contre la violence de la répression.
La majorité des dirigeants de la Commune échappèrent à la mort au combat, aux exécutions sommaires et à la répression judiciaire. Par exemple, sur neuf membres du Comité de Salut public, un, Delescluze, est tué sur une barricade, un autre, Billioray, fut fait prisonnier, les autres parvinrent à fuir Paris et à s’exiler à l’étranger. L’amnistie de 1880 leur permit de rentrer en France.
Le 29 novembre 2016, l'Assemblée nationale vote la réhabilitation de toutes les victimes de la répression versaillaise(42. )

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