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Silure glane,chapitre,2

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Habitats

1. par un poème d'Ausone daté de la fin du IVe siècle de notre ère dédié à la Moselle mais le mot silurus qu'il utilise peut n'être qu'une forme poétique décrivant un poisson de grande taille (il pourrait s'agir d'un esturgeon (A. sturio), dont la présence est, elle, avérée à cette époque dans le bassin de la Moselle et une grande partie de la France)
2. puis par un texte illustré de Baldner publié en 1666, relatif à la faune d'Alsace. Mais l'auteur précise qu'il a vu ce poisson sur les étals du marché de Strasbourg. L'illustration bien que réalisée par un naturaliste confirmé montre une queue bifide (pouvant laisser penser que ce silure était dans un mauvais état, ou qu'il était si rarement vu en France que le dessinateur a cru bon de lui dessiner une nageoire caudale. Cuvier et Valenciennes en 1839, repris par d'autres auteurs écrivent que cet animal aurait été capturé dans l'Ill qui rejoint le Rhin à Strasbourg, ce qui est rétrospectivement difficile à vérifier.
Localement, dans de nombreuses pièces d'eau, carrières, lacs et étangs isolés notamment, le silure a été volontairement introduit par l'homme. Dans certains lieux isolés, canaux et cours d'eau, sa colonisation pourrait peut-être avoir été spontanée[réf. nécessaire], selon le principe de déplacements de propagules (œufs fécondés) par l'intermédiaire d'oiseaux d'eau (canards, oies, cygnes, etc.) ou à l'occasion d'inondations.


Silures pratiquant l'échouage volontaire dans le Tarn pour capturer des pigeons

Le silure se est un superprédateur se nourrissant de poissons y compris d'autres prédateurs (sandre, brochet...) pouvant mesurer jusqu'au tiers de sa propre taille et de divers d'autre animaux. Son caractère au moins localement envahissant pourrait être lié à sa grande adaptabilité alimentaire8.
Ainsi, quand souvent, en été, suite à de fortes chaleurs et peut-être par manque d’oxygène, le mollusque de genre Corbicula meurt, sort de sa coquille et remonte en surface, il devient un mets de choix pour le silure, qui apprécie aussi les mulettes (autres organismes filtreurs). Il se nourrit aussi de mammifères, et d'oiseaux (ex : grèbes, poules d'eau et canetons). De gros sujets peuvent ingérer des poissons de plus de 5 kg (ex : deux saumons atlantiques de 78 cm et 80 cm pesant respectivement 5,2 kg et 5,5 kg retrouvés dans les estomacs de silures du Val de Loire)(14) et attaquent volontiers des oiseaux tels que des canards, cormorans, cygnes et jeunes ragondins(15.)
L'alevin se nourrit d'abord de plancton et de micro-invertébrés. La taille de ses proies grandit à mesure de sa croissance. À la fin de la première année, il devient un prédateur opportuniste.
Sa croissance est alors très rapide (taille de trente-cinq centimètres à un an, cinquante à deux ans et poids atteignant de 2,5 à 3 kilogrammes la troisième année. Un silure de 25 ans pèse environ 65 kilogrammes. Ce poids varie selon la quantité de nourriture disponible et la température de l'eau.
Dès les années 1980 on s'interroge sur l'effet du régime alimentaire du Silure sur le réseau trophique(16.) Leur alimentation principale est représentée par les cyprinidés tels que brèmes, carassins, carpes, gardons, rotangles, etc. Quand elles sont encore présentes, le silure est aussi un grand consommateur d'écrevisses(14) et d'amphibiens, ainsi que de moules d'eau douce, d'anodontes, de larves de libellules, de rongeurs aquatiques, d'oiseaux aquatiques, et même d'oiseaux qui ne s'aventurent d'ordinaire pas dans l'eau, en utilisant la technique de l'échouage volontaire. Le silure est opportuniste : ainsi sur le bord du Tarn, l'alimentation de certains silures est composée à 80 % de pigeons(17,)(18.) Les attaques sur l'homme sont rarissimes.


On constate assez vite que là où ils sont encore présents, le silure apprécie particulièrement les poissons migrateurs anadromes(19,)(20.) Dans les années 2000, l'écologie fonctionnelle commence à mieux mesurer les effets écologiques de prédateurs introduits dans les écosystèmes dulçaquicoles(21) et du régime alimentaire du silure(1,) que certains jugent en France préoccupants pour la biodiversité(22.) En 2016 une pilotée par le Muséum d'Orléans et conduite de 2011 à 2014 dans le Val de Loire conclue (à partir de l'étude stomacale de 60 spécimens de toutes tailles, pêchés au filet avec l'aide de pêcheurs professionnels)(23) que le régime alimentaire du silure est très éclectique (23 espèces-proies). Dans le Val de Loire, les poissons et les cyclostomes (lamproies) sont l'essentiel de ses proies (en nombre et biomasse). En termes d'occurrences relatives les cyprinidés qui sont les plus consommés (29,5 %), devant les cyclostomes (23 %) et les écrevisses (10 %) mais en termes d’abondance d’individus de chaque espèce consommés (pour 110 silures étudiés) la Lamproie marine qui est — en nombre — la proie la plus consommée (28 % du total)(14).
Peut-être à cause de leur teneur en iode d'origine marine, le silure semble particulièrement friand d'espèces migratrices (47 % du contenu stomacal en Val de Loire alors que ces espèces n'y sont pas dominantes et même « notoirement moins abondantes » et qu'elles ne sont présentes qu’à certains moments de l’année. Toujours en Val de Loire en termes de biomasse ingérée, c'est encore la lamproie marine qui domine parmi les proies, mais le saumon atlantique (en raison de son poids) représentent ensuite 19 % de la biomasse ingérée par le silure. L'anguille européenne, en forte voie de régression depuis une la fin du XXe siècle figure aussi à son menu(24. )


On ignore encore si le silure chasse naturellement préférentiellement les migrateurs ou s'il profite opportunément de leur affaiblissement par la pollution, divers perturbateurs endocriniens, les effets de la pollution lumineuse, la fatigue due à leur longue route migratoire et à de fréquentes parasitoses (pou du saumon, anguilles parasitées..). Des hydrobiologistes et écologues comme Guillerault et al. (2015), Libois & al. (2016) jugent préoccupant que le silure consomme dans le sud-ouest de la France de manière nettement préférentielle(14 )des espèces qui sont toutes depuis la fin du XXe siècle « à l’exception du Mulet porc » concernées par « un statut de conservation très précaire »(25.) Toutes sont classées comme menacées à divers niveaux(26)(,27.)
Le problème est aggravé pour les migrateurs en phase de reproduction (ainsi dans le cas de la Lamproie marine toutes les femelles récupérées en Val de Loire dans les estomacs de silures « étaient adultes, en phase de frai et contenaient des œufs ». Pour le silure qui se montre capable de développer des stratégies de chasse complexes et efficaces ; les migrateurs qui se concentrent temporairement au pied de chaque seuil et barrages sont a priori des proies particulièrement vulnérables(14.) Les écrevisses autochtones, dont le silure fait une grande consommation sont aussi des espèces menacées(28)


Récemment (2017) des études de contenu stomacal combinées avec analyse isotopique ont permis de mieux connaître ses préférences alimentaires mais aussi de mieux évaluer les effets de sa présence sur l'écosystème. Elles montrent que le silure glane occupe une niche écologique bien plus large que celle des autres prédateurs d'eau douce (brochet, sandre, perches...) et que selon les cas et ressources alimentaires présentes il se comporte tantôt en généraliste et tantôt en spécialiste : très adaptable et doué de capacité d'apprentissage, il peut consommer les principaux autres prédateurs présents dans son environnement, mais « son impact concerne l'ensemble de l'écosystème aquatique »(8,) avec les poissons herbivores comme « groupe écologique le plus affecté »(8.)
Ce poisson constitue une exception notable : alors que partout dans les milieux terrestres et sur tous les continents les autres grands poissons prédateurs (qui ont des fonctions écologiques reconnues comme importantes voire vitales pour l'écosystème) régressent ou disparaissent d'une grande partie de leur aire de répartition(29,)(30) de même que dans les milieux marins(31,(32)(,33 )et dans les eaux douces (dont dans le bassin du Danube paradoxalement)(34)(,2,)(35 ); le silure conquiert au contraire de nouveaux milieux là où il a été introduit, avec des populations en forte croissance en quelques décennies(36 )et des groupes d'individus commençant à atteindre de grandes tailles... et donc avec des impacts qui seront à préciser à moyens et long terme.
Le caractère eutrophe des eaux d'Europe occidentale et le taux de fécondité de ce poisson, en l'absence de prédateurs à la hauteur de sa taille, ainsi que l'augmentation des températures moyennes (ce poisson est thermophile) pourraient expliquer l'augmentation spectaculaire de l'aire occupée par ce silure.
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