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Ornithorynque,chapitre,8

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5.3. Attention, venin !
Hormis quelques musaraignes dont la salive est venimeuse, les monotrèmes sont les seuls mammifères à venin. Et encore chez les échidnés cet appareil n'est-il plus fonctionnel. On ne sait d'ailleurs pas très bien pourquoi les ornithorynques mâles ont conservé leur appareil à venin, alors que les échidnés ont perdu l'usage du leur au cours de leur histoire.
Seuls les ornithorynques mâles peuvent véritablement blesser l'homme de cette façon. Il s'agit d'un comportement de défense : l'animal rapproche ses deux pattes postérieures l'une de l'autre et plante ses éperons dans tout ce qui s'approche de lui. Chez l'homme, l'essentiel des blessures a lieu au niveau des bras, et plutôt des mains et des poignets. La piqûre entraîne une violente douleur et une enflure qui se propage rapidement à tout le membre. Cette inflammation peut durer plusieurs jours. Dans certains cas, on a même observé un effet de somnolence pendant quelque temps, peut-être lié à l'intensité de la douleur. Il est même arrivé que la souffrance et l'inflammation durent plusieurs semaines avant de disparaître complètement.
Le venin n'est pas réellement dangereux pour l'homme, mais il est très douloureux. En revanche, il peut tuer de plus petits animaux.


5.4. Élevage et implantation : de très rares succès
L'Australie est actuellement le seul pays au monde où l'on puisse observer l'ornithorhynque. Leur exportation est totalement interdite : seul un envoi unique vers les États-Unis fut autorisé, en 1947. Pendant une dizaine d'années, le zoo de New York a ainsi pu élever des ornithorynques. Mais, malheureusement, les animaux ne se sont pas reproduits.
David Fleay, un biologiste australien qui s'est consacré à l'étude de l'ornithorynque, est l'unique personne à avoir réussi la reproduction de cet animal en captivité. Le premier centre d'élevage, ou « platypusary », qu'il créa dans les années 1940, se trouvait dans l'ancienne réserve aborigène de Coranderrk, près de la ville de Healesville, dans l'État de Victoria. C'est là que, en 1943, une femelle prénommée Jill donna naissance à un bébé de sexe féminin, Corrie, qui fut officiellement présentée à la presse le 3 janvier 1944. Elle était alors âgée de neuf semaines, encore aveugle, presque incapable de mouvement, et recouverte d'une fourrure courte et satinée. Sa croissance fut scrupuleusement suivie par les équipes scientifiques et filmée. De cette époque datent la plupart des données acquises concernant la reproduction de l'espèce.
En 1940, David Fleay participa à un projet d'introduction de l'espèce sur l'île des Kangourous, au large de l'État d'Australie du Sud. Dans cet État, notamment dans la rivière Murray, l'ornithorynque est rare, s'il existe encore. L'île semblait a priori favorable pour accueillir quelques animaux. Cinq mâles et cinq femelles furent donc capturés entre le 7 et 17 février 1940 dans de petites rivières de l'État de Victoria et transportés en avion jusqu'à l'île des Kangourous, près des rivières Rocky et Ravine et du ruisseau Breakneck (« casse-cou »), aux eaux fraîches abondantes, riches en crustacés et en insectes aquatiques. Les animaux supportèrent bien leur captivité transitoire et le voyage en avion. Ils s'accoutumèrent parfaitement à leur nouveau milieu puisqu'ils s'y reproduisirent. Plus de quarante ans après, il y a toujours des ornithorynques dans la région où ils ont été lâchés. Les rivières qu'ils fréquentent sont aujourd'hui incluses dans la réserve naturelle de Flinders Chase.
C'est également dans les années 1940 que l'État d'Australie de l'Ouest demanda un permis d'importer un couple d'ornithorynques de l'État de Victoria. Davis Fleay fut encore chargé de l'opération. Les deux animaux furent transportés en avion jusqu'à Perth et introduits à Mundaring Weir, tout au sud-ouest de l'État, où ils survécurent très bien. Mais ils ne réussirent pas à faire souche. Il s'agit des deux seules tentatives de déplacement d'ornithorynques en dehors de l'aire contemporaine de l'espèce.


5.5. Les origines légendaires de l'échidné à long bec
Pour les habitants de Nouvelle-Guinée, les échidnés à nez long, Zaglossus, ont des origines diverses. Ainsi, les Hatam des montagnes Arfak pensent que l'échidné naît de l'œuf d'un oiseau de paradis (le paradisier d'Albertis, Epimachus albertisi) tombé au sol.
Pour le peuple Etolo de la province des Hautes-Terres du Sud, ce sont de vieux kangourous arboricoles qui se transforment en échidnés, leur longue queue devenant le museau tubulaire.
Les Goilala du mont Albert-Edward croient que l'animal se reproduit en enfonçant dans le sol un long organe en forme de tube pour déposer son sang sous terre ; jusqu'à ce que le jeune atteigne la taille adulte, ses parents le nourrissent d'urine et de sang, qu'ils lui transmettent par le même organe.
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