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Robespierre,chapitre,28

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Postérité
Héritage politique

Dessin d'un meeting du mouvement chartiste, en 1840.
Le robespierrisme est un terme pour désigner une réalité mouvante ou pour qualifier des hommes qui partageaient ses idées. Plus généralement, il désigne toutes les personnes qui se réclament de la personne ou de la pensée de Maximilien de Robespierre. Parmi ceux qui se sont réclamés de Robespierre, figurent notamment le mouvement chartiste anglais, un certain nombre de républicains et de socialistes français des années 1830-40 – on a parlé de néo-robespierrisme(324 )– (comme Albert Laponneraye, éditeur des Œuvres de Robespierre et des Mémoires de Charlotte de Robespierre, Philippe Buchez, qui a publié une Histoire parlementaire de la Révolution, Étienne Cabet, auteur d'une Histoire populaire de la Révolution française de 1789 à 1830 ou Louis Blanc, qui a écrit une Histoire de la Révolution française) instruits par Philippe Buonarroti, mais aussi les mouvements socialiste et communiste (avec la monumentale Histoire de la Révolution française de Jean Jaurès ou les travaux de l'historien Albert Mathiez).


Littérature

Charles Nodier par Paulin Guérin (Musée national du Château de Versailles).
Charles Nodier a consacré à Robespierre un article, intitulé « De la littérature pendant la Révolution. Deuxième fragment. Éloquence de la tribune. Robespierre », dans la Revue de Paris en septembre 1829. Il a été repris, sous le titre « Robespierre l'aîné », dans ses Souvenirs, épisodes et portraits pour servir à l'histoire de la Révolution et de l'Empire (1831) puis, sous le titre « La Montagne », dans Recherches sur l'éloquence révolutionnaire dans le tome 7 des Œuvres de Charles Nodier (1833). Même s'il présente Robespierre comme un personnage médiocre « exhaussé par l'opinion et les événements » et brosse un portrait de l'orateur conforme aux stéréotypes du temps pour ne pas trop heurter son public devant l'audace de son analyse, Nodier lui sait gré d'avoir, avec son frère Augustin, entrepris de canaliser, « dans le sens d'un ordre politique relativement viable, les forces génératrices de chaos », à travers notamment l'instauration du culte de l'Être suprême. De même, il lui reconnaît un supériorité d'ordre esthétique dans l'éloquence et affirme « qu'il faut chercher peut-être dans [ses] discours (...) presque tout ce qu'il y avait de spiritualisme et de sentiments humains dans l'éloquence conventionnelle ». En particulier, il fait montre d'admiration pour le discours du 7 prairial, où Robespierre affirme faire peu de cas de sa propre vie, après les tentatives d'assassinat d'Henri Admirat et de Cécile Renault, et celui du 8 thermidor, où il retrouve le dessein de pacification et de restauration de l'ordre public qu'il lui attribue(325.)


Balzac en 1842 sur un daguerréotype de Louis-Auguste Bisson.
Honoré de Balzac traite Robespierre comme un personnage à part entière dans Les Deux Rêves, paru dans La Mode en mai 1830 puis intégré dans Sur Catherine de Médicis. Dans ce texte, Catherine de Médicis apparaît en songe à Robespierre et justifie le massacre de la Saint-Barthélemy, qui n'a pas été motivé, explique-t-elle, par une animosité personnelle ou le fanatisme religieux, mais pour le de l'État. Fréquent dans la littérature royaliste de l'époque, le rapprochement entre ce massacre et ceux de la Révolution contribue à expliquer ces derniers en voulant réhabiliter la politique de la reine. Il ne lui reproche pas la Terreur, mais de l'avoir exercée au nom d'un principe démocratique. En dehors de ce texte, la figure de Robespierre dans l'œuvre de Balzac est « uniformément antipathique, l'archétype du tyran sans cœur et sans scrupule », même si, jusqu'à la Révolution de 1848, il témoigne d'une réelle admiration devant la grandeur de sa destinée. Il figure ainsi parmi les génies qui ont changé la face du monde dans l'édition de 1846 de la lettre d'adieu de Lucien de Rubempré à Vautrin, avant de passer dans le rang de ceux dont le rôle a été uniquement destructeur, dans son exemplaire personnel(325.)


Portrait d'Alexandre Dumas par Étienne Carjat.
Robespierre apparaît dans des ouvrages historiques d'Alexandre Dumas (Louis XVI et la Révolution, Le Drame de 93), ainsi que dans plusieurs de ses romans fleuves : le cycle des Mémoires d'un médecin (on trouve quelques allusions dans Le Collier de la reine, Le Chevalier de Maison-Rouge et surtout dans La Comtesse de Charny) et les deux parties de Création et rédemption (1863), Le Docteur mystérieux et particulièrement La Fille du marquis. C'est également le cas dans la nouvelle La Rose rouge. S'appuyant particulièrement sur les ouvrages historiques de Jules Michelet et Alphonse de Lamartine, Dumas s'inspire surtout du premier pour le présenter comme « un personnage qui ne sait pas vivre, rongé par la jalousie et l'ambition », sans lui reconnaître la même grandeur, son principal reproche étant « l'incapacité de Robespierre pour la jouissance et le bonheur »(326.)

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