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Le Directoire,chapitre,14

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Républiques sœurs et influence française
Article détaillé : République sœur.

160 scientifiques accompagnent les armées lors de la campagne d’Égypte.
Au sein du Directoire, la politique étrangère est menée par Jean-François Reubell, soutenu par deux autres Directeurs, Paul Barras et Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux. Alsacien, il est favorable à une expansion vers le Rhin. Le régime entend par ailleurs reprendre un héritage idéologique de la Convention : la France, en tant que puissance éclairée, se doit de libérer les pays voisins et d'apporter aux peuples la liberté, la souveraineté et la civilisation(168). C'est à ce titre que sont fondées nombre de « Républiques sœurs », aux constitutions très inspirées de celle du Directoire. Dans la continuité de la République batave fondée début 1795, d'autres sont formées comme la République helvétique. Elles sont loin d'être indépendantes, cependant, et doivent prendre en charge les armées françaises qui résident sur leur sol (25 000 hommes dans le cas de la République batave)(169.)
En Italie, Bonaparte opère sans l'aval des Directeurs et organise les Républiques sœurs du nord de la péninsule sans prendre en compte l'avis de l'exécutif français. Sont ainsi fondées la République cisalpine et la République ligurienne. D'autres généraux poursuivent ensuite les opérations en créant notamment la République romaine et la République parthénopéenne (ou napolitaine)(170.) Bien que reposant sur le principe de liberté des peuples, ces créations se font au mépris de la volonté des populations(171.) La création des Républiques s'accompagnant de pillages, parfois encouragés par le pouvoir (comme en Suisse par le beau-frère de Reubell, commissaire missionné sur les lieux), les nouveaux régimes sont souvent impopulaires. La République helvétique doit ainsi faire face un an après sa création à des poussées contre-révolutionnaires qui ne sont matées que quatre ans plus tard(172.)
La campagne d’Égypte répond également, officiellement, à ce désir d'éclairer les autres peuples en leur apportant la culture, la science et, de façon générale, la civilisation. C'est ainsi que 160 savants accompagnent l'expédition militaire afin d'étudier les différents aspects du territoire. Les disciplines sollicitées sont nombreuses : archéologues, géologues, cartographes, géographes sont ainsi mis à contribution. Bonaparte déclare ainsi vouloir chasser l'oppresseur mamelouk pour rendre au pays sa gloire millénaire, et vante les progrès scientifiques arabes du temps des califes. Cependant, cette politique ne fonctionne pas. Les Français sont perçus comme de nouveaux croisés, et les enseignements des Lumières ne séduisent pas les élites égyptiennes(173). Bien que l'expédition se révèle un échec retentissant et que Bonaparte lui-même doive rentrer subrepticement en France au milieu de la campagne, elle garde un très grand prestige qui contribue à la légende napoléonienne, tandis que l'égyptomanie est relancée par les découvertes(174.)


Héritage du régime

Une partie de l'historiographie place le Directoire hors de la Révolution française, à l'image de Jules Michelet qui considère que la période meurt avec Robespierre.
Le Directoire n'est pas toujours inclus dans la Révolution française. Ainsi, Jules Michelet préfère clore sa version de la Révolution avec la mort de Robespierre. D'autres historiens de la période préfèrent par la suite la faire durer jusqu'au coup d’État de Brumaire : c'est notamment le cas de Pierre Gaxotte, Georges Lefebvre et de François Furet(175,)(176.) Cependant, la période est également parfois réunie avec le Consulat par Albert Soboul ou plus tard Jean Tulard, qui voient une unité dans la période s'étendant de 1794 à 1804 : ces dix années voient en effet la révolution être freinée (en particulier avec la fin de la Conjuration des Égaux), tandis qu'une stabilisation du pays se met peu à peu en place, la proclamation de l'Empire mettant fin au provisoire(177.) Le débat historiographique vise donc notamment à savoir si le Directoire est l'une des dernières péripéties de la Révolution, une république bourgeoise menant progressivement à l'Empire, ou encore un régime portant un caractère inédit(178.)
Qu'il soit inclus ou non dans la Révolution française, le Directoire marque une période souvent délaissée par les historiens, et souvent discréditée. Entre la chute de Robespierre et l'avènement de Napoléon Bonaparte, la période de 1795 à 1799 passe pour un médiocre intermède(179.) Une « légende noire » du régime se forge dès les débuts du Consulat, à l'instigation des brumairiens qui tentent ainsi de justifier le coup d’État en faisant passer le régime pour foncièrement inefficace. Le nouveau régime lance des enquêtes sur l'état du pays, qui en dressent un tableau très sombre qui, bien que réel dans son ensemble, est souvent trop noirci par omissions(180.) D'autre part, le Directoire souffre de la double opposition monarchiste et jacobine : les historiographies contre-révolutionnaire et orientés à gauche n'en ont donc que plus de mépris à l'encontre de ce régime et de ceux qui en ont été les principaux acteurs, notamment Barras(181). Ainsi, en 1968, François Furet et Denis Richet attribuent cette indifférence ou ce discrédit à l'antiparlementarisme, qu'ils estiment être une « tradition tenace » de la vie politique française(176.)
Cette historiographie négative dénonce notamment une période qui cumule l'instabilité politique et économique. Cependant, une nouvelle génération d'historiens a depuis cherché à trouver des mérites au régime(182.) C'est notamment le cas de Jean-René Suratteau qui a consacré de nombreux travaux au Directoire, notamment en ce qui concerne les élections et personnalités (en particulier le Directeur Jean-François Reubell)(183.) L'histoire militaire de la période et notamment les campagnes de Bonaparte sont en revanche, et depuis longtemps, très documentées(184.)
Le Directoire est le témoignage de la volonté de la bourgeoisie républicaine modérée de voir survivre un régime adapté à ses besoins, et de « terminer la Révolution » comme le proclame la Constitution de l'an II(I(179.) Si cette tâche est finalement accomplie par le Consulat, ce dernier bénéficie de bien des bases posées par le Directoire, notamment en ce qui concerne l'appareil statistique mis en place, ou encore la refonte du système de prélèvement des impôts. La courte durée du régime n'a pas permis d'évaluer directement ses effets(123.)

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