www.handi-zen.com

handi-zen

Orignal,chapitre,4

701 appréciations
Hors-ligne

Alces est le nom scientifique d'une espèce de grand ruminant de la famille des Cervidés appelé communément élan, qui vit en Sibérie, en Scandinavie et en Amérique du Nord où il porte le nom d'orignal. Cet animal, dont les bois sont aplatis en éventail, est le plus grand des cervidés actuels.
Les spécialistes distinguent plusieurs sous-espèces, deux d'entre elles éventuellement élevées au rang d'espèces dont les noms scientifiques respectifs sont Alces americanus et Alces alces.
Étymologie
L'animal est appelé élan en Europe et orignal en Amérique du Nord.
Le terme orignal est issu du mot basque oreinak, pluriel d’orein, qui se prononce /oɾejɲak/ et signifie « les cervidés », « les rennes » ou « les caribous ». Samuel de Champlain le nommait orignac(1) car aux premières années des colonies, les premiers colons français l’auraient appris des Basques qui venaient régulièrement pêcher la morue et la baleine sur les côtes du Labrador et les abords du fleuve Saint-Laurent. La finale -ac a fait place à -al plus commune dans les noms d'animaux : cheval, chacal, etc.
Le mot élan est connu par diverses attestations telles qu’hele à la fin du XIIIe siècle, qu’ellend, hellent au XVe siècle ou ellan en 1606. Il s'agit sans doute d'un emprunt ancien à une langue baltique comme en témoigne la forme la plus ancienne, alors que les formes avec la finale -end, -en(t) ont été réempruntées par l'intermédiaire du moyen haut allemand elen, elend(2 )(> allemand Elen, Elentier, plus couramment appelé Elch), lui-même issu du lituanien élni(a)s « élan, cerf »(3). L'ancien français devait avoir un terme issu du latin alces ou du vieux bas francique *elk dont on n'a pas conservé la trace, car l'animal a disparu de la partie occidentale de l'Europe.
Il convient de ne pas le confondre avec le wapiti (Cervus canadensis), qui est un cerf, proche parent du cerf élaphe. Cette confusion est liée à une mauvaise traduction de l'anglais américain, car aux USA, on nomme elk le cerf wapiti, alors que le même mot signifie « élan » en anglais britannique, sens d'origine. Enfin, l’éland (Taurotragus oryx) est une grande antilope af


Histoire
Préhistoire et premières domestications
Si l’élan est aujourd’hui le plus grand des cervidés, il a longtemps été dépassé en taille par le cerf Megaloceros giganteus, qui l’a côtoyé durant la Préhistoire. Tous deux furent chassés et localement exterminés par l’homme ; après avoir survécu à trois glaciations, le mégacéros a totalement disparu, tandis que l’orignal a peu à peu été confiné en zone circumpolaire.
Des preuves archéozoologiques montrent que l'élan a été présent dans pratiquement toute l'Europe de l'ouest, après être arrivé de l'Est, il y a environ 800 000 ans (au tout début de la glaciation de Mindel(4,) puis présent partout dont en France (en même temps que le renne, le cerf mégacéros et le cerf élaphe, comme le montrent les ossements trouvés(5 )dans la grotte Tournal à Bize (Aude), ou encore dans les grottes Jean-Pierre 1 et 2(6 )et jusqu'au-delà des Pyrénées en Espagne(7 )et au-delà des Alpes en Italie comme l'ont montré les fouilles de la grotte de Broion (Vicenza-Italie) (8.)
La domestication d'élans semble ancienne. Les Iakoutes de Sibérie l’ont utilisé comme animal de trait et comme monture. Ce dernier usage a plus tard été interdit en Russie, car des malfaiteurs montant des élans distançaient les chevaux de la police. L’élan a aussi servi à tirer de lourdes charges sur des terrains difficiles où le cheval s’enfonçait. Il a été domestiqué, mais non élevé en troupeau.


Déclin en Europe de l'ouest
Comme pour l’aurochs, des populations relictuelles d’élans ont survécu jusqu’au Moyen Âge, au moins dans les plaines humides en France, en Belgique, mais aussi en Suisse et en Allemagne avant que la chasse (pour la viande et les trophées) ne les élimine de ces contrées. Il est attesté par des textes ou des fossiles récents en France à l’époque gauloise jusqu’à l’an 250. Il subsiste en Alsace au moins jusqu’au IXe siècle. Un texte mentionne un élan tué en 764 par deux seigneurs de la suite de Pépin le Bref à Nordlingen (Bavière). Il est signalé comme commun en Suisse jusque vers l’an mille. Dans le Comté de Flandre où les zones humides étaient encore nombreuses avant les grands drainages médiévaux, les derniers élans auraient été tués vers l’an 900, après une période d’invasion marine qui les a sans doute forcés à quitter le refuge des marais, roselières et forêts de l’actuelle Flandre maritime. On pense qu'il a pu survivre en Normandie jusqu'au Xe siècle dans le Marais-Vernier.
En Europe centrale, l’élan aurait survécu à la chasse jusqu’au XIVe siècle en Bohême, jusqu’au XVIe siècle en Mecklembourg, jusqu’en 1760 en Galicie et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle en Hongrie9. Un projet de réintroduction en France est porté par le Parc naturel régional de Brotonne(9.)
L’ongle d’orignal entrait avec d’autres produits animaux (crâne humain, os, dents d’hippopotame) dans la composition de la poudre de guttete, remède réputé antiépileptique compris dans la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle(10.)


Introduction et réintroductions récentes
Au Canada, en 1904, des orignaux ont été introduits avec succès sur l’île de Terre-Neuve. D’autres tentatives moins fructueuses ont été effectuées sur l’île d’Anticosti dans le golfe du Saint-Laurent. En 1910, dix élans furent introduits dans le Fiordland en Nouvelle-Zélande, mais ils se sont apparemment éteints. Cependant, on rapporte des contacts occasionnels, et il est possible que des orignaux demeurent en Nouvelle-Zélande.
En Europe, l’élan a failli disparaître alors qu’il était largement présent durant la Préhistoire(11,)(12.) Depuis que sa chasse est mieux contrôlée, et que des programmes de réintroduction et de protection lui ont été consacrés, des populations se sont localement reconstituées dans certaines régions russes au cours du XXe siècle.
Des populations se sont récemment reconstituées en Sibérie à l’est de la Léna. Il n’en restait presque plus en 1974 ; on en compte 22 000 à 24 000 qui profitent des immenses zones humides.
Une population plus modeste se reconstitue en Tchécoslovaquie, à la même latitude que la Normandie.
En France, une réintroduction est envisagée, pour la gestion des zones humide(s(9.)
Vous ne disposez pas des permissions nécessaires pour répondre à un sujet de la catégorie Animaux.

Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 163 autres membres