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Les trois glorieuses,chapitre,15

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Recevant cette proclamation, les députés y répondent en début d’après-midi :
« Français ! La France est libre. Le pouvoir absolu levait son drapeau, l’héroïque population de Paris l’a abattu. Paris attaqué a fait triompher par les armes la cause sacrée qui venait de triompher en vain dans les élections. Un pouvoir usurpateur de nos droits, perturbateur de notre repos, menaçait à la fois la liberté et l’ordre ; nous rentrons en possession de l’ordre et de la liberté. Plus de craintes pour les droits acquis, plus de barrières entre nous et les droits qui nous manquent encore.
Un gouvernement qui, sans délai, nous garantisse ces biens est aujourd’hui le premier besoin de la patrie. Français ! Ceux de vos députés qui se trouvent déjà à Paris se sont réunis, et, en attendant l’intervention régulière des chambres, ils ont invité un Français qui n’a jamais combattu que pour la France, M. le duc d’Orléans, à exercer les fonctions de lieutenant général du royaume. C’est à leurs yeux le moyen d’accomplir promptement, par la paix, le succès de la plus légitime défense.
Le duc d’Orléans est dévoué à la cause nationale et constitutionnelle. Il en a toujours défendu les intérêts et professé les principes. Il respectera nos droits, car il tiendra de nous les siens. Nous nous assurerons par des lois toutes les garanties nécessaires pour rendre la liberté forte et durable :
Le rétablissement de la Garde nationale avec l’intervention des gardes nationaux dans le choix des officiers.
L’intervention des citoyens dans la formation des administrations départementales et municipales.
Le jury pour les délits de presse.
La responsabilité légalement organisée des ministres et des agents secondaires de l’administration.
L’état des militaires légalement assuré.
La réélection des députés promus à des fonctions publiques.Nous donnerons à nos institutions, de concert avec le chef de l’État, les développements dont elles ont besoin.
Français, le duc d’Orléans lui-même a déjà parlé, et son langage est celui qui convient à un pays libre : les chambres vont se réunir, vous dit-il ; elles aviseront au moyen d’assurer le règne des lois et le maintien des droits de la nation.
La Charte sera désormais une vérité. »


Signé par quelque 90 députés, l’acte est porté au début de l’après-midi au Palais-Royal. Mais la manœuvre en faveur du duc d’Orléans, sitôt connue à l’hôtel de ville, suscite la fureur des républicains. Le duc de Chartres, accouru de Joigny, est arrêté à Montrouge et menacé d’être passé par les armes : il faut l’intervention personnelle de La Fayette pour obtenir sa libération. La commission municipale, en réaction, cherche à se transformer en gouvernement provisoire, lance une proclamation qui affecte d’ignorer celle des députés et nomme des commissaires provisoires aux différents départements ministériels.
Article détaillé : Ministère nommé par la commission municipale de Paris.

Louis-Philippe, duc d’Orléans, nommé lieutenant général du royaume, quitte à cheval le Palais Royal, pour se rendre à l’hôtel de ville de Paris, le 31 juillet 1830. Horace Vernet, 1832. Château de Versailles.
Il est temps pour Louis-Philippe de se rendre à l’hôtel de ville pour conjurer définitivement, avec la complicité de La Fayette(N 34), le spectre républicain. La manœuvre n’est pas sans risques, mais elle est indispensable. Vers deux heures de l’après-midi, un cortège picaresque quitte le Palais-Royal : « Le duc d’Orléans, raconte Chateaubriand, ayant pris le parti d’aller faire confirmer son titre par les tribuns de l’Hôtel de Ville, descendit dans la cour du Palais-Royal, entouré de quatre-vingt-dix-neuf députés en casquettes, en chapeaux ronds, en habits, en redingotes […] Le candidat royal est monté sur un cheval blanc ; il est suivi de Benjamin Constant dans une chaise à porteurs ballottée par deux Savoyards. MM. Méchin et Viennet, couverts de sueur et de poussière, marchent entre le cheval blanc du monarque futur et le député goutteux, se querellant avec les deux crocheteurs pour garder les distances voulues. Un tambour à moitié ivre battait la caisse à la tête du cortège. Quatre huissiers servaient de licteurs. Les députés les plus zélés meuglaient : Vive le duc d’Orléans ! »(26. )

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