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Jeanne d'Arc,chapitre ,7

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Hors-ligne

Incertitudes sur la date de naissance
L'âge exact de Jeanne demeure inconnu car aucun registre paroissial n'était alors tenu à Domrémy, comme l'indique le procès en nullité de la condamnation(19). Le 21 février 1431, lors de son procès de condamnation à Rouen, Jeanne dit être née à Domrémy et, avoir « à ce qu'il lui semble, (...) environ 19 ans(20,)(21 )», puis ajoute qu'elle ne sait rien de plus à ce sujet, ignorance ordinaire à l'époque et à plus forte raison dans un milieu paysan. Cependant, la Pucelle fournit « un âge précis et non un arrondi(19 )», observe Colette Beaune.
A contrario de l'imprécision caractérisant tous les autres témoignages, une lettre du conseiller royal Perceval de Boulainvilliers en date du 21 juin 1429(22)(,23) constitue l'unique source faisant naître Jeanne la nuit de l'Épiphanie, autrement dit le 6 janvier, sans précision de l'année(n 3.) La date de cette venue au monde — saluée par le chant des coqs, à en croire Boulainvilliers — n'est pas authentifiée par les historiens médiévistes qui soulignent plutôt la valeur symbolique de la nuit des Rois mentionnée dans la missive(24)(,25,)(26.)
Les chroniques médiévales se révèlent en fait souvent imprécises et les appréciations testimoniales sur les dates des naissances d'autant plus approximatives lorsque celles-ci ne sont pas illustres. Pour Jeanne d'Arc, les dates de naissance données par les chroniqueurs s'échelonnent entre 1399 et 1417 mais « la Pucelle », lors de son premier interrogatoire le 21 février 1431 dit « qu'elle croit avoir environ 19 ans » et lorsqu'elle retrace sa vie, elle reste relativement cohérente. De plus, lors de son procès en nullité, les témoins, à l'exception de son amie d'enfance Hauviette et de Jean d'Aulon, concordent pour lui donner comme âge en 1431, 18, 19 ou 20 ans, ce qui la ferait naître vers 1412(27.)


Anthroponymie



Jacques d'Arc et Isabelle Rommée, parents de Jeanne (vue d'artiste par l'Union internationale artistique de Vaucouleurs). Statues érigées en 1911 sur le parvis de la basilique du Bois-Chenu à Domrémy-la-Pucelle (Vosges)(28,)(29.)
Selon la transcription latine figurant dans les manuscrits de son procès de condamnation, la Pucelle répond à ses juges que son « nom » est Jeanne (Jeannette(30,)(31) « dans son pays ») et son « surnom » (autrement dit : son nom de famille) « d'Arc(n 4.) » En latin, de Arco signifie « de l'arche » ou « du pont » (équivalent des noms courants « Dupont ou Dupond »), ce qui se rapporte peut-être à un microtoponyme disparu ou à un village(39 )mais aucun document n'atteste une localité en particulier, non plus que l'hypothèse d'une origine patronymique champenoise se rattachant au village d'Arc-en-Barrois(39.) La prisonnière mentionne également son matronyme « Rommée » (avec deux « m »), suivant l'usage de Domrémy où les femmes portent le nom de leur mère(36,)(37,)(38.)
Le patronyme de Jeanne et de ses frères s'orthographie diversement en français dans les documents du XVe siècle, aucune règle n'étant alors fixée à ce sujet. On trouve le plus souvent « d'Arc » mais également « Tarc », voire « Daly », ou « Day » d'après la transcription phonétique du patronyme prononcé avec l'accent local, « Da-i (n 5,)(41). » Du reste, l'usage typographique de l'apostrophe débute uniquement à partir du XVIe siècle(42)(,n 6.) Par conséquent, l'historien médiéviste Olivier Bouzy souligne qu'il est absurde de privilégier la graphie « Darc » afin de souligner la roture d'une « fille du peuple » ou, inversement, de revendiquer à tort la particule « d'Arc » comme une marque de noblesse, suivant les termes d'une querelle idéologique française disputée durant le XIXe siècle autour de l'orthographe du nom de Jeanne(44.)


Famille
Fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Rommée, Jeanne appartient à une famille de cinq enfants : Jeanne, Jacquemin, Catherine, Jean et Pierre.
Le père de Jeanne, Jacques, est désigné comme « pauvre laboureur » par des témoins du procès de réhabilitation de la Pucelle dans les années 1450. Cependant, Olivier Bouzy note qu'un laboureur n'est pas pauvre puisque ce type de paysan aisé possède des terres et des bêtes. L'état des biens de Jacques d'Arc n'est pas connu avec précision. Bien que construite en pierre, sa maison comporte uniquement trois pièces pour toute sa famille. Bénéficiant vraisemblablement d'une certaine notoriété à Domrémy, le père de Jeanne représente à plusieurs reprises la communauté des villageois(45.)
Jeanne fut décrite par tous les témoins comme très pieuse ; elle aimait notamment se rendre en groupe, chaque dimanche, en pèlerinage à la chapelle de Bermont tenue par des ermites garde-chapelle, près de Greux, pour y prier. Les témoignages de ses voisins lors de ses futurs procès rapportent qu'à cette époque, elle fait les travaux de la maison (ménage, cuisine), du filage de la laine et du chanvre, aide aux moissons ou garde occasionnellement des animaux quand c'est le tour de son père, activité loin du mythe de la bergère qui utilise le registre poétique de la pastourelle et le registre spirituel du Bon berger de la Bible(46.) Cette légende de la bergère résulte probablement de la volonté des Armagnacs de transmettre cette image (plus symbolique qu'une simple fille de paysan) à des fins de propagande politico-religieuse pour montrer qu'une « simple d'esprit » pouvait aider le chef de la chrétienté du royaume de France et guider son armée, illuminée par la foi(47.)
[réf. souhaitée]Les réponses qu'elle a faites à ses juges, conservées dans les minutes de son procès, révèlent une jeune femme courageuse, dont le franc-parler et l'esprit de répartie se tempèrent d'une grande sensibilité face à la souffrance et aux horreurs de la guerre, comme devant les mystères de la religion.
Une plaque apposée en 1930 sur le parvis de la cathédrale de Toul indique qu'elle comparut ici lors d'un procès matrimonial intenté par son fiancé en 1428(48.)


La (ou les) « voix »
Parmi les sources évoquant « la voix » (au singulier) entendue par Jeanne d'Arc, on compte initialement la lettre du conseiller royal Perceval de Boulainvilliers, datée du 21 juin 1429, ainsi qu'une lettre d'Alain Chartier en août de la même année(49.) Cependant, c'est l’instrumentum du procès de condamnation qui fournit ensuite davantage de précisions. Ainsi, le 22 février 1431, Jeanne d'Arc soutient devant ses juges qu'à treize ans, alors qu'elle se trouvait dans le jardin de son père, elle reçut pour la première fois une « révélation de Notre Seigneur par une voix qui l'enseigna à soi gouverner ». La Pucelle en demeure initialement effrayée(50.) Ultérieurement, Jeanne identifie les voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l'archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France de l'envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône. Dès lors, elle s'isole et s'éloigne des jeunes du village qui n'hésitent pas à se moquer de sa trop grande ferveur religieuse, allant jusqu'à rompre ses fiançailles (probablement devant l'official de l'évêché de Toul)(51.)

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