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Guerre 14-18,chapitre 30

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Cette guerre est suivie d'une crise de reconversion de l'économie de guerre (1920-1921) puis d'une puissante expansion des années 1920 qui masque un commerce international peu dynamique (le déficit démographique et l'inflation dus à cette guerre entraînent une surproduction industrielle, les crises monétaires d'après-guerre font que cette expansion repose sur des bases financières malsaines), préparant ainsi la crise de 1929(237.)
Les sociétés européennes subissent de véritables bouleversements. Le plus brutal découle des ravages humains. Non seulement plus de dix millions d'hommes sont morts, mais des dizaines de millions sont blessés, parfois mutilés ou gravement atteints psychiquement : on verra des mutilés de la Grande Guerre dans chaque ville et dans chaque village de France jusque dans les années 1960, comme dans les autres pays d'Europe. Les classes sociales les plus touchées sont celles qui dominaient la société avant guerre : l'ancienne aristocratie et la bourgeoisie ont vu leurs fils partir comme officiers, fiers d'accomplir leur devoir en chargeant à la tête de leur unité, pour souvent ne jamais revenir. La paysannerie, qui fournit le gros de l'infanterie, a été sévèrement meurtrie. Relativement, la classe la plus épargnée est celle des ouvriers, dont beaucoup ont été rappelés du front pour reprendre leur travail dans les usines d'armement (100 000 en France dès octobre 1914). Les classes possédantes ont vu généralement leurs revenus rongés par l'inflation et les prélèvements pour la défense. Une grande partie des étudiants et des élèves des grandes écoles ont été tués ou contraints d'abandonner leurs études, ce qui réduit encore la capacité du pays à se relever dans les décennies suivantes.
La Première Guerre mondiale a mis fin à la suprématie européenne : alors qu'au début du XXe siècle, l'Europe domine l'économie mondiale, représentant 46 % du PIB mondial et 41 % du PIB par habitant, les États-Unis sont devenus à la suite du conflit les premiers créanciers du monde et la première puissance mondiale, son PIB réel par tête étant supérieur de 68 % à celui de l'Europe en 1929(238.) Elle met fin également au mythe de « l'homme blanc », ce qui favorise l'éveil des consciences des peuples colonisés(239)


État

Cabinet de guerre impérial britannique.
Les États tirent profit de la guerre pour accroître leurs pouvoirs et leurs domaines de compétences. Ainsi assiste-t-on d’abord à un phénomène de centralisation du pouvoir, visible en Angleterre au travers du Cabinet de guerre impérial de Lloyd George qui ne comporte que quatre ministres dont un général, Jan Smuts(240.)
En Allemagne, les pouvoirs du Kaiser sont également renforcés, et il en va de même pour ceux de l’empereur en Autriche.
En France, l’Union sacrée permet un gel temporaire des divisions politiques. Des pacifistes syndicalistes et socialistes s'organisent à partir de 1915, toutefois ils subissent une censure sévère et des emprisonnements qui limitent leurs possibilités d'agir(241)[réf. insuffisante].
Le gouvernement belge se réfugie en France, d'abord à Sainte-Adresse puis au Havre, le Parlement belge cessant toute activité à partir de l'occupation de Bruxelles par l'ennemi. De ce fait, le roi Albert 1er et ses ministres se trouvent en situation de gérer la guerre et les rapports avec les puissances en l'absence de contrôle parlementaire, les décisions et les différends relevant d'une politique inédite pour les Belges puisque tout se passe entre le roi et le gouvernement sans intervention des partis. Cette situation perdure jusqu'à la victoire, en novembre 1918, lorsque le Parlement à nouveau réuni à Bruxelles vote son approbation à la politique belge de guerre.
En France, le parlement, après s'être effacé en août 1914, reprend le contrôle du gouvernement et bientôt celui du commandement militaire, malgré la toute-puissance de Joffre(242.)
Le pouvoir élargit ensuite le champ de ses compétences. La censure est partout réhabilitée au nom de l’intérêt national. En France, elle prend la forme d’une loi du 4 août 1914, votée dans l’urgence, interdisant tout article apte à révéler des informations à l’ennemi, ou à décourager les Français (notamment en révélant la réalité des conditions de vie dans les tranchées). Cette loi fut par la suite allégée par Clemenceau, en 1917, et il était désormais permis de critiquer l’action gouvernementale. Cependant elle restera effective jusqu’en octobre 1919, jusqu'à la fin des négociations en vue de la paix. La censure fut beaucoup plus rigoureuse en France qu’en Allemagne ou en Angleterre, les Français ayant tiré la leçon de la défaite de 1870 qui avait été favorisée par de nombreuses fuites dans la presse parisienne (qui parfois révélait les déplacements des troupes françaises à l'avance). La compatibilité de la censure avec un régime démocratique était discutée, mais on comprenait bien que des révélations dans la presse auraient pu avoir des conséquences meurtrières. Elle a aussi permis d’empêcher que l’état-major allemand connaisse trop vite la gravité de la crise du moral en 1917(243.)

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