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Sitelle torchepot,chapitre,3

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Alimentation

Une Sittelle torchepot à une mangeoire.
La Sittelle torchepot se nourrit surtout d'insectes, notamment de chenilles et de coléoptères. En automne et en hiver, elle complète son régime alimentaire de fruits à coque et de graines, et notamment de noisettes et de faînes. Les parents nourrissent principalement leurs jeunes d'insectes et de peu de graines. L'oiseau trouve sa nourriture le long des troncs d'arbre et des branches, mais les petits rameaux sont aussi prospectés et la nourriture peut être trouvée au sol, notamment en dehors de la saison de reproduction. Comme toutes les sittelles, elle peut descendre des troncs la tête la première, ou y grimper. Certaines proies sont attrapées en vol, et la sittelle peut arracher des bouts d'écorce pour attraper des insectes, bien qu'elle ne puisse pas excaver dans le bois sain comme le ferait un pic. Les couples peuvent se mêler à des volées mixtes d'alimentation, si l'une passe près de leur territoire(2.) La Sittelle torchepot vient aux mangeoires et se montre alors agressive, repoussant les autres espèces d'oiseaux. Elle peut aussi visiter les tables et consommer de la graisse, du beurre, du fromage ou du pain(12,)(13). On l'a même observée dans un abattoir emporter des abats(13.) Elle coince les grosses noix et les gros insectes dans l'écorce pour les écraser à l'aide de son solide bec(14). Une observation publiée en 2018 rapporte l'utilisation par la Sittelle torchepot d'un outil, en l'occurrence un petit morceau de bois, pour soulever les écorces à la recherche de nourriture dans un parc au Royaume-Uni. Ce type de comportement n'avait alors été observé que chez certaines espèces de sittelles d'Amérique du Nord(15).


La Sittelle torchepot fait des réserves de nourriture tout au long de l'année mais surtout en automne. Elle coince des graines dans l'écorce des arbres, parfois dans des murs ou au sol, et les cache à l'aide de lichen, de mousse ou de morceaux d'écorces. Les populations de Sibérie cachent des graines de Pin nain de Sibérie (Pinus pumila), parfois assez pour durer toute une année(2.) La Sittelle torchepot peut aussi cacher du pain, ainsi que des chenilles ou d'autres larves après les avoir martelées du bec pour les immobiliser(16.) Ces réserves sont une stratégie de long terme, et sont utilisées par temps froid, quand la nourriture se fait rare, jusqu'à trois mois après la cache. Les oiseaux utilisant des réserves ont une meilleure survie que les autres(17.) On a observé que les oiseaux évitaient d'utiliser leurs cachettes dans des conditions relativement bénignes, préférant les réserver pour les périodes les plus rudes(18.) Certaines de ses réserves n'ayant pas été consommées, il arrive que des tournesols ou des noisetiers se mettent à pousser sur des murs fendus ou sur l'écorce d'un arbre(19.) Les productions de faînes par les frênes sont très variables d'une année sur l'autre, et là où cet arbre représente une importante source de nourriture, le taux de survie des adultes n'est pas affecté lors des mauvaises saisons, alors que le nombre de juvéniles chute en automne, ceux-ci mourant de faim ou d'épuisement à force de se déplacer(20.) Des tendances similaires ont été observées là où le noisetier est l'espèce prédominante(21.)


Reproduction

Une Sittelle torchepot à l'entrée de son nid, au Royaume-Uni.
La Sittelle torchepot est monogame, et le couple occupe généralement son territoire à l'année(2.) Celui-ci couvre deux à dix hectares en Europe, mais jusqu'à 30,2 ha en moyenne dans les forêts de conifères de Sibérie, habitat sub-optimal(22.) Le mâle chante pour défendre son territoire et pour attirer une partenaire. Les deux membres du couple exécutent une parade nuptiale, comptant un vol léger et tremblotant, et le mâle fait également des vols en cercle avec la queue étalée et la tête relevée, et nourrit la femelle(1.) Malgré l'appariement à vie, des recherches génétiques effectuées en Allemagne ont montré qu'au moins 10 % des jeunes sont issus d'autres mâles, généralement de territoires adjacents(23.)

Un œuf de Sittelle torchepot.
Le nid est placé dans le trou d'un arbre, généralement un ancien nid de pic, mais parfois d'origine naturelle. Le nid est situé entre deux et vingt mètres du sol. Parfois, la femelle élargit l'entrée d'un trou existant dans le bois pourri. Si au contraire l'entrée est trop large, elle est maçonnée avec de la boue, de l'argile ou parfois de la bouse pour la réduire(2,) pratique qui vaut à l'oiseau son nom de « torchepot ». Les nids aux entrées plus étroites sont moins victimes des prédateurs et ont donc un plus grand succès reproducteur(24.) Localement, une entrée étroite peut aussi éviter que des Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) s'approprient le nid(2,)(12.) L'intérieur du nid est grand, avec une épaisse couche d'écorce de pins et divers copeaux de bois, parfois d'autres débris secs de végétaux en son fond, dans lesquels les adultes enfoncent les œufs ou les petits oisillons quand ils quittent le nid afin de limiter leur prédation. La femelle réalise l'essentiel de la construction, et maçonne souvent l'intérieur aussi. Cette tâche lui prend jusqu'à quatre semaines, et le nid est souvent réutilisé d'une année sur l'autre(2.)


Les jeunes au nid sont nourris par les adultes, qui repartent souvent en emportant un sac fécal.
La femelle pond les œufs entre avril et juillet. La ponte compte généralement six à neuf œufs, bien qu'il puisse y en avoir jusqu'à treize. Ils mesurent en moyenne 19,5 × 14,4 mm pour S. e. caesia3 et pèsent 2,3 g dont 6 % de coquille(25.) Ils sont blancs et tachetés de brun. La couvaison dure entre 13 et 18 jours, et est réalisée par la femelle seule, nourrie par le mâle. Les oisillons sont nidicoles et sont nourris par les deux parents. Ils sont prêts à l'envol à l'âge de 20-26 jours mais continuent à être alimentés par les adultes jusqu'à leur indépendance pendant huit à quatorze jours de plus. Il y a généralement une seule ponte par an, exceptionnellement deux(3,)(25.) La Sittelle torchepot est plus réticente à utiliser les nichoirs artificiels que les autres oiseaux nichant dans des cavités(12.) Quand elle le fait, le nombre d'œufs et de jeunes à l'envol est plus élevé dans les grands nichoirs, alors qu'il ne sont pas liés à la taille de la cavité dans les emplacements de nidification naturels(26.) La sédentarité de cette espèce implique que les jeunes ne peuvent établir leur propre territoire qu'en trouvant un territoire inoccupé ou en remplaçant un adulte mort. En Europe, les jeunes se déplacent toujours vers un nouveau territoire, alors qu'en Sibérie, où les territoires sont beaucoup plus vastes, la plupart vivent dans le territoire d'adultes. Le taux de survie annuel (la proportion d'individus passant l'année) est de 42-47 % en Suède, 51-59 % en Belgique et 67 % en Sibérie(27.) L'espérance de vie de cette sittelle est de deux ans mais le record pour un oiseau sauvage est de 12 ans et 11 mois, au Royaume-Uni(28,) et un individu suisse a vécu 10 ans et 6 mois(29.)
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