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Silure glane,chapitre,2

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Hors-ligne

Morphologie
Son corps est allongé. Sa peau, très glissante, est verte-brune à blanc-noir, plus claire (jaune ou blanchâtre) sur le ventre.
Des spécimens dits « mandarins » (jaune à orangé) présentent une peau plus ou moins dépigmentée. D'autres sont franchement albinos. Les animaux albinos, au sein d'un groupe pigmenté, ont une couleur qui pourrait les rendre plus vulnérables aux prédateurs(4). De plus les spécimens albinos pourraient avoir une vue plus dégradée (par manque de cellules photoréceptrices)(4) ; or l'albinisme semble assez fréquent chez le silure(4) et Slavík, Horký & Maciak en 2015 ont décrit un phénomène d'exclusion du groupe de spécimens plus clairs, peut être parce qu'un poisson dépigmenté pourrait être une cible préférentielle pour certains prédateurs (Landeau & Terborgh, 1986 ; Theodorakis, 1989) ; ce pourrait être une raison pour l'exclusion des albinos dans un groupe de silure(4.)
Sa tête massive, large et aplatie peut représenter jusqu'à 30 % de son poids total. La bouche très large est pourvue de lignes de dents petites et nombreuses, semblables à de fines pointes très tranchantes. Elle lui permet d'engloutir de grosses proies et de les maintenir fermement. Elle porte six barbillons : deux longs, et mobiles, sur la mâchoire supérieure, et quatre courts sur la partie inférieure de la tête. Ceux-ci sont pourvus de « bourgeons gustatifs » (organes sensoriels servant à localiser les proies ou toute nourriture potentielle , même cachées dans la vase ou le gravier), sont situés principalement sur leur portion distale. D'autres organes lui servent aussi à détecter tout mouvement proche (la nage d'une écrevisse jusqu'à 10 mètres). Comme la plupart des poissons d'eau douce, le silure glane possède également une ligne latérale très efficace lui permettant de ressentir les mouvements de ses proies potentielles.


Ses yeux minuscules lui seraient peu utiles pour la détection, mais ils lui servent sans doute à distinguer les couleurs[réf. nécessaire], la direction de la lumière et sont importants pour la régulation de ses rythmes biologiques
Les nageoires sont au nombre de sept : deux pectorales très larges, deux ventrales légèrement moins larges, une nageoire dorsale minuscule (de texture adipeuse), une nageoire ventrale très longue partant de l'orifice anal jusque la nageoire caudale. Il peut créer un tourbillon à l'aide de celle-ci dans le but de désorienter, ou assommer sa victime qu'il peut ensuite avaler.
La taille varie d’un à deux mètres le plus souvent, mais le silure peut atteindre jusqu'à 2,75 m, pour un poids de plus de 120 kg. Le plus gros silure péché et homologué a été capturé dans le Tarn en septembre 2017 et mesurait 274 cm(5.) Il a été pris en float-tube avec une grappe de vers. En octobre 2017, un silure de 275 cm(5 )a été pris dans la rivière Pô en Italie mais le record n'a pas été homologué officiellement même s'il ne fait pas de doute sur la taille incroyable de ce spécimen. L'ichtyologiste britannique Francis Willughby mentionne au XVIIe siècle des silures dépassant les 5 mètres pour un poids de 330 kg, ce qui en faisait vraisemblablement la plus grande espèce de poisson d'eau douce au monde(6.)


Habitats
Depuis les années 2000, des études de télémétrie(7) puis d'analyse stomacale8 ont permis de mieux connaître les habitats qu'il explore ou utilise pour s'alimenter. Elles montrent que ce poisson s'adapte facilement à tout type d'habitat pourvu que l'eau y soit assez chaude en période de reproduction (condition atteinte en Europe du Nord grâce au soleil de minuit en été) et assez riche en nourriture.
Ce super-prédateur opportuniste vit généralement près du fond, sous les troncs et branches d'arbres tombés à l'eau ou près des berges où il se cache dans l'attente d'une proie.
Origines
Le groupe des siluriformes est très ancien, daté d'avant la séparation de l'Amérique du Sud et de l'Afrique il y a environ 110 millions d'années, ce qui explique la présence de nombreuses espèces d'eau douce sur plusieurs continents. Des données paléontologiques montrent sa présence dans le bassin du Rhône avant l'apparition de l'Homme en Europe (avant les trois dernières glaciations)(9.)
Les fossiles européens les plus anciens de poissons du gendre Silure (Silurus sp.) estimés vieux de 8 à 5 millions d'années environ, c'est-à-dire du Miocène supérieur durant l'ère Tertiaire) datent de bien avant les grandes glaciations ; ils ont été trouvés dans le bassin du Danube (près de Vienne en Autriche, associés à des Cyprinidés (genres Scardinius, Rutilus , Palaeocarassius, Tinca, Barbus) et des Percoïdés selon Gaudant (1994)(10.) Un fossile provient du bassin hydrographique du Rhône (Ardèche) selon Mein & al. en 1983 (11). Près de Perpignan ont été trouvés quelques éléments (rayons) de nageoires pectorales aujourd’hui conservés par le département des Sciences de la Terre de l'Université Claude Bernard de Lyon(12.) Ils pourraient appartenir à un poisson du genre Silurus ou Parasilurus, et sont datés du Pliocène (entre −6 et −3 Millions d'années) ; aucune trace fossile du silure aussi ancienne n'a été retrouvée dans le bassin du Rhin.


Selon les données phylogénétiques disponibles, ses populations actuelles ont pour origine un noyau d'Europe de l'Est provenant il y a environ 10 000 ans (fin de la dernière glaciation) d'un unique refuge glaciaire. Dix loci microsatellites ont servi à reconstitue l'histoire des populations actuelles : sa diversité génétique est beaucoup plus élevés que les premières analyses d'ADN mitochondrial ne le laissaient penser(13) mais les niveaux relatifs de variabilité entre les populations étaient en accord avec les études antérieurs. Les populations des grands bassins (Volga et Danube) sont génétiquement les plus polymorphes, et les populations de silures des petits fleuves grecs, plus enclines au goulet d'étranglement génétique car touchées par de faibles niveaux de diversité génétique. En dépit de grandes différenciations génétiques aucun modèle cohérent de structuration géographique n'a été révélé pour cette espèce (à la différence de ce qui a été le cas pour diverses études précédentes sur les espèces européennes de poissons d'eau douce).
L'isolement géographique par la distance semble être le modèle le plus probable, avec une dispersion récente (dernière glaciation) à partir d'un seul refuge glaciaire probablement situé dans la région Ponto-Caspienne. À partir de là le Silurus glanis a recolonisé l'Est du bassin du Danube et plus récemment encore l'Allemagne, le Rhin, pour très récemment — via des réintroduction — coloniser l'ensemble de l'Europe (les premiers individus pêchés en France ne l'auraient été que dans les années cinquante). En France, il est cité deux fois par des auteurs anciens :
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