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Percheron,cheval,chapitre,8

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Relance bouchère française
Articles connexes : Hippophagie et viande de cheval.
À partir des années 1960, le Percheron n'est plus d'aucune utilité au travail en France, et ses effectifs ont très fortement baissé(96,)(11,) au point qu'à l'arrivée des années 1970, bien que des éleveurs continuent d'en présenter aux concours régionaux et nationaux de la race, sa situation est critique(97.) Les neuf races de chevaux de trait françaises alors sont reconverties en animaux de boucherie, la boucherie chevaline assure, paradoxalement, une partie de la sauvegarde du Percheron en gardant son capital génétique intact mais aussi en transformant son modèle, autrefois puissant et sportif, en celui de « bête à viande ». Devenus « chevaux lourds », les étalons reproducteurs sont recherchés les plus gros possibles, afin de donner naissance à des poulains produisant une grande quantité de viande(96,) et pesant plus d'une tonne à l'âge adulte(11 ): « c'est ainsi qu'en 1980, le roi des chevaux n'était plus qu'un obèse en sursis »(11). Le Percheron fait partie des races bouchères les plus appréciées, avec le Boulonnais, en raison de son fort rendement(95). Malgré tout, les effectifs français de la race restent en diminution, ce qui pousse la société hippique percheronne et les 800 éleveurs restants à trouver un plan de sauvegarde en 1980(76,) et à s'orienter vers l'attelage.


Renouveau de l'utilisation au travail et dans les loisirs

Police montée des États-Unis utilisant des Percherons.

L'attelage de loisir et de compétition est l'une des raisons du regain de popularité de la race.
Dans les années 1980, le Percheron français voit ses effectifs augmenter et trouve de nouveaux débouchés(98.) En 1983, pour le centenaire de l'ouverture du stud-book et à l'occasion du mondial de la race au Canada(99,) les haras nationaux et la Société Hippique Percheronne de France lancent un grand plan de retour du Percheron à l'attelage(11.) Le 2 septembre de cette même années, « quelques farfelus » organisent la première course de trait-tract avec des Percherons dans le berceau de race, marquant symboliquement la naissance française du Percheron de loisir(100.) Le plan parvient à s'imposer en une dizaine d'années, et à convaincre la plupart des éleveurs de s'orienter vers un cheval plus léger, destiné à l'attelage et non à la boucherie(11.) En 1989 est organisé le premier congrès mondial du Percheron en France, qui attire 50 000 visiteurs au haras du Pin(76,) et qui marque cette nouvelle orientation(101.) À partir des années 1990, l'essor du tourisme et des loisirs donne un nouveau souffle à la race(102.) La Société Hippique Percheronne anticipe cette ouverture en interdisant la caudectomie (coupe de la queue) en 1993, plus tôt que chez les autres races de trait(103,)(104,) à la demande des Allemands105, et peut-être sous l'influence de publications comme Cheval magazine(99.) Parallèlement, les Japonais importent massivement des chevaux français pour leurs compétitions de trait-tract(102,) surtout dans l'île de Hokkaidō où se déroulent les courses et les entraînements(12). Une vague de popularité pour le Percheron s'observe aussi aux États-Unis, comptant 1 088 animaux en 1988, pour 2 257 en 1998(27.)


Le haras du Pin se met à importer des Percherons américains pour alléger le modèle des chevaux (jusqu'alors sélectionnés pour leur viande), leur donner du sang et les adapter aux loisirs. En 1993, l'étalon gris diligencier « léger et enlevé » Silver Shadow Sheik entre au haras(106,)(101.) Devenu le symbole de cette nouvelle orientation de la race(105), il suscite de nombreuses réactions dans le milieu de l'élevage traditionnel et donne naissance à plus d'une centaine de poulains(107). L'un de ses premiers fils, l'étalon noir Gallien, marque fortement l'élevage grâce à la qualité de ses poulains. Cette importation est suivie de nombreuses autres, uniquement des étalons diligenciers de robe noire, afin d'avoir des poulains adaptés à la traction rapide au trot(108). Des éleveurs privés français adoptent eux aussi des Percherons américains, séduits par leur haute taille, leur physique plus léger et leur trot rapide(64,) c'est le cas notamment de la maison du Percheron à La Bretonnière(109). La dernière phase de ce retour au Percheron léger se traduit en 1998 par la révision du stud-book de la race, et la création de deux sections séparées pour les chevaux « traits » et les chevaux « diligenciers »(105.) Elle est suivie de la création de la société percheronne d’attelage(41.)

La nouvelle sélection se fait lentement, à cause du faible nombre de Percherons dilligeanciers présents en France. Elle est toutefois bien accueillie par les éleveurs, et se traduit par une augmentation des nouvelles naissances enregistrées chez la race, qui passent de 800 à 1 100 entre 1995 et 2000(110.) De jeunes éleveurs s'installent en dehors du berceau de race, et s'intéressent aux activités sportives avec le cheval, aux loisirs, et aux exportations. La plupart sont des cadres, des commerçants et des professions libérales passionnés, qui font de l'élevage une activité à mi-temps(111). Désormais, l'élevage est fortement mondialisé(112 ): en 2015, la plupart des chevaux présents en France sont exportés en Allemagne et en Russie, et ne sont plus élevés pour la viande(113.)


La nouvelle orientation permet à ces Percherons plus légers, avec des tissus de qualité et une robe plus foncée, d'être utilisé dans les concours d'attelage et dans les parcs de loisirs, comme le Puy du Fou(114.) De plus, on observe un regain de popularité pour la robe noire(101). En 2006, sur une centaine de chevaux de trait présents, une trentaine sont des Percherons. Ils sont acquis lors des ventes annuelles des haras nationaux et tirent des véhicules anciens sur main's street dans le parc(115.) En 2011, l'étalon reproducteur diligencier noir Gallien, l'un des meilleurs des haras nationaux, est vendu âgé de 17 ans à un marchand pour 200 €, à la suite d'un probable dysfonctionnement administratif. Le marchand le revend à la boucherie en Italie. Le sort de Gallien, considéré comme l'une des mascottes de la race, suscite de vives réactions(116).
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