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Révolution Française,chapitre,2

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Chronologie et périodisation
Elle est traditionnellement comprise entre l'ouverture des états généraux, le 5 mai 1789, et le coup d'État du 18 brumaire de Napoléon Bonaparte, le 9 novembre 1799. La fin de la Révolution française est généralement située au coup d’État du 18 brumaire (du 8 au 10 novembre 1799), lorsque Napoléon Bonaparte accède au pouvoir et inaugure la période du Consulat qui aboutit, cinq ans plus tard, à l'avènement de l'Empire. Cependant, elle a été partiellement perpétuée par Napoléon lors de l'expansion du Premier Empire français. Si la plupart des manuels d'histoire et nombres d'historiens découpent la Révolution en quatre périodes — Constituante, Législative, Convention, Directoire — Michelet et l'historiographie marxiste la terminent à la chute de Robespierre. Cette périodisation a souvent dépendu des convictions ou arrière-pensées politiques des intéressés en faveur soit de la République « parlementaire », soit de la « souveraineté populaire »(8.) L'historiographie distingue classiquement deux temps, deux révolutions successives, qui ont transformé d'abord le Royaume de France en une monarchie constitutionnelle, puis en Première République, mettant fin à une société d'ordres et aux anciens privilèges.


La France dans les années 1780
La société française
Article détaillé : Société d'Ancien Régime.
La société sous l'Ancien Régime repose sur l'existence d'une mosaïque de droits médiévaux, les privilèges (leges privatae, lois particulières) dont disposent les corps constitués (clergé, noblesse, bourgeoisie, communauté, villes, Universités, métiers)(9.) La Révolution française, qui naît notamment d'une crise financière due à la participation de la France à la Guerre d'indépendance des États-Unis, concentre essentiellement discours et critiques sur les privilèges fiscaux du clergé et de la noblesse, deux des trois ordres de la société féodale. Le poids des impôts est inégalement réparti entre ceux-ci et le tiers état, alors que celui-ci est le plus productif et qu'il doit également verser des impôts auprès des deux autres ordres. À l'intérieur même du tiers état (qui représente 97 % de la population)(10,) il y a aussi de fortes disparités selon le métier, la province, voire la ville. Ainsi, les lois sont différentes en Bretagne et en Languedoc.
Ces disparités sont soit le fruit des agrandissements successifs du royaume (le nouveau territoire reconnaît la souveraineté du roi de France et demande à celui-ci le respect de ses coutumes), soit des traditions sociales ou professionnelles. Les privilèges gênent l'établissement d'une politique générale, entravent les volontés de réforme du gouvernement (notamment sous Louis XV), ralentissent les échanges.
Au XVIIIe siècle, l'essor de nouvelles catégories sociales dans les villes et dans les gros bourgs est indéniable. Parmi les nouvelles couches, on distingue d'une part une bourgeoisie marchande ou financière, qui profite de l’enrichissement global et, pour une partie d'entre elles, des grandes spéculations boursières sous Louis XVI, des laboureurs, des paysans riches qui peuvent offrir à leurs enfants une éducation, et d'autre part une bourgeoisie de fonctionnaires et d'hommes de loi qui aspire à jouer un rôle politique(11).
Cependant la société semble se figer, l’accès à la noblesse se ferme. D'autre part, dans les années 1780, les nobles remettent en vigueur des droits féodaux oubliés et contrôlent avec plus de rigueur leur perception(12 ): c’est la réaction seigneuriale. Cette crispation est très mal vécue par les paysans qui réclament l'abolition de certains droits comme l'exploitation exclusive des communaux. À la fin des années 1780, les mauvaises récoltes jettent à la rue les membres les plus fragiles des communautés. L'historien Jean Nicolas recensant pendant tout le XVIIIe siècle, qu'il appelle le « siècle d'intranquillité », pas moins de 8 528 révoltes de communautés paysannes qui se politisent de plus en plus(13.) Les conditions climatiques sont éprouvantes en 1788 avec une sécheresse au printemps, de violents orages le 13 juillet, provoquant de mauvaises récoltes faisant monter le prix des céréales et du pain(Note 1.) La rudesse de l'hiver qui suit fait lui grimper le prix du bois de chauffage. Ces phénomène attisent l'agitation populaire(14.) Le politique étant considéré comme responsable du manque de grains(Note 2.) Des révoltes de subsistances en 1788 attestent, elles aussi, d'une crise frumentaire à l'origine partielle de la Révolution(15.)


Résistance à la monarchie absolue et désir de réforme

Louis XVI en costume de sacre avec les 'regalia et la croix de l'ordre du Saint-Esprit par Antoine-François Callet (1781).
Articles détaillés : Préludes de la Révolution française, Prérévolution française et Causes de la Révolution française.
En 1788, le pouvoir repose sur le modèle politico-social d'une monarchie absolue de droit divin : le roi, représentant de Dieu sur Terre, est « délié des lois » tout en devant respecter les « lois fondamentales du royaume »(16.) Il est le garant de la sécurité, de la justice et de la foi de ses sujets. Il ne tire sa souveraineté d'aucune instance humaine mais doit gouverner avec le consentement des corps constitués. Les contradictions internes du modèle vont ouvrir la voie à la Révolution(17. )
Dans leur immense majorité, les Français restent attachés à la forme monarchique. Le roi, aimé et respecté(Note 3,) est perçu comme un « père du peuple », de « la Nation »(18,) puis comme « père des Français ». En 1788, une réforme de l’État est espérée sous son autorité et en son consentement(19.)
Les corps constitués, quand ils s'opposent au pouvoir royal, le font pour la défense de leurs intérêts propres sans cependant le remettre en cause ou s'y opposer idéologiquement. Les Parlements cours de justice d'Ancien Régime et les États provinciaux instrumentalisent leur droit de remontrance lors de l'enregistrement des lois pour s'opposer aux réformes ministérielles du Conseil du roi. Bien qu'ils protègent avant tout leurs privilèges, ils se pensent et passent aux yeux de l'opinion publique naissante, dans une rhétorique de défense du peuple contre le despotisme ministériel, comme les représentants de la Nation. La monarchie en dépit de la pression fiscale demeure respectueuse de ces corps intermédiaires jusqu'au coup de force du chancelier Maupéou qui rompt l'équilibre en 1771(20.) Ses membres les plus radicaux rejoignent ce qu'on appelle le « parti patriote », fer de lance de la contestation pré-révolutionnaire. La synthèse de leurs combats et de leurs revendications, dans leur dialogue avec les thèses rousseauistes, devait à la faveur des événements de 1789, donner corps aux prémices idéologiques de la Révolution(21.)
En définitive, les remises en cause de l'absolutisme sont rares et marginales avant 1789. Elles sont avant tout philosophiques et religieuses avant d'être politiques ou sociales(22.) On trouve par contre un désir unanime de réforme chez les Français, porté par leurs députés qui expriment le souhait d'un État plus efficace et une monarchie régénérée(23. )

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