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Le Directoire,chapitre,5

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Mise en place des institutions
Article détaillé : Élections législatives françaises de 1795.

Audience du Directoire en costume, le 30 brumaire an IV.

Jean-François Reubell est l'un des cinq Directeurs qui inaugurent le nouveau pouvoir exécutif.
Ces élections se déroulent du 12 au 21 octobre 1795 (20 au 29 vendémiaire an IV), en deux étapes. Il s'agit dans un premier temps, pour les électeurs du premier degré, d'élire les membres des assemblées électorales qui devront ensuite élire les députés. La participation y est très réduite, et les électeurs du second degré sont principalement puisés parmi les notables. Les résultats se montrent très décevants pour les Conventionnels : le seuil prévu par le décret des deux tiers (de fructidor an III, août 1795) n'est pas atteint, 395 Conventionnels étant élus au lieu des 500 requis(23.) Une « assemblée électorale de France », formée des Conventionnels élus, se réunit donc les 26 et 27 octobre pour désigner les 105 représentants manquants. Les situations familiales et les âges des députés sont ensuite examinés pour les répartir entre les deux conseils(24.) Les résultats de l'élection sont très partagés. Si la Montagne est très nettement diminuée, les royalistes, au contraire, connaissent une certaine poussée. Le décret des deux tiers permet cependant de sauver les conventionnels, assurant une bonne base aux Thermidoriens et aux républicains modérés(25). Paul Barras tente de rassembler derrière les Thermidoriens tous ceux qui seraient susceptibles de craindre le retour de la monarchie, qui lui semble être le plus grand péril(23). La défaite est telle que Tallien, alors l'un des hommes forts parmi les Thermidoriens, demande l'annulation du scrutin, ce que lui refusent les modérés(26).


Il s'agit ensuite de nommer les cinq Directeurs, qui doivent être choisis par le Conseil des Anciens sur proposition du Conseil des Cinq-Cents. Ce dernier réussit à imposer son choix parmi les hommes qui détiennent le pouvoir depuis un peu plus d'un an. Outre Barras, sont choisis Jean-François Reubell, Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux, Étienne-François Le Tourneur et Emmanuel-Joseph Sieyès. Ce dernier, réticent, démissionne aussitôt, et est remplacé par Lazare Carnot. Au sein de l'exécutif se dessinent déjà des tendances et rapports de force(27.) Les Directeurs ont cependant pour point commun d'être tous régicides, éloignant la perspective d'un retour à la monarchie(28.) Les cinq hommes se répartissent également les tâches, chacun selon ses compétences, et choisissent des ministres chargés d'appliquer leur politique. Enfin, ils se divisent la France pour y nommer les commissaires chargés de faire appliquer les lois. Dans ce dernier cas, ils se voient en réalité forcés de suivre l'avis des notables locaux, tout en essayant d'y placer des hommes sûrs(29.) Le régime s'entoure enfin d'une très importante bureaucratie, parfois favorisée par le clientélisme, mais ne dispose pas des moyens financiers et humains pour lui assurer une réelle efficacité(30.) À l'échelle locale, des dispositions sont prises pour mieux encadrer la paysannerie et surveiller les pouvoirs : les petites communes sont ainsi regroupées dans des municipalités de canton(31. )


Oppositions et difficultés internes (→ élimination de l'extrême gauche jacobine sans-culotte, 1796)
Article détaillé : Conjuration des Égaux.

Gracchus Babeuf, instigateur de la conjuration des Égaux.
Dans sa lutte contre le royalisme, le Directoire a donné de nombreux avantages aux Jacobins, jugés être un moindre mal. Des milliers d'entre eux sont amnistiés le 4 brumaire, et journaux et clubs commencent à refleurir(32.) Parmi eux, une partie critique le régime et, conscients de leur faible nombre, ces opposants décident de se rassembler au sein du club du Panthéon, suffisamment modéré à ses débuts pour ne pas choquer les Directeurs, qui l'autorisent(33.) Si le club comporte de nombreuses tendances, entre ceux qui veulent renverser le Directoire et ceux qui privilégient le compromis, un homme a pour espoir de rassembler les républicains : Gracchus Babeuf(34.) Ayant participé à la Révolution et connu plusieurs fois la prison, notamment aux débuts du Directoire, Babeuf prône un régime égalitaire et nouveau. Il souhaite que l'État soit propriétaire des biens et les donne en usufruit aux agriculteurs ; les biens produits seront ensuite rassemblés pour être redistribués équitablement. Pour que ce régime fonctionne, il espère imposer une démocratie directe, un système d'éducation performant pour favoriser l'ascension sociale, et juge nécessaire, pour appliquer ses transformations, de passer par un parti unique qui appliquerait, pendant un court délai, une dictature(35.)


Durant l'hiver 1795-1796, le pays est frappé par une crise économique, tant alimentaire que monétaire et industrielle, tandis qu'une élite restreinte connaît le luxe(36). Ces inégalités radicalisent les militants, de plus en plus attirés au club du Panthéon par les idées de Babeuf, ce qui effraie le régime. Le club est fermé le 27 février 1796 par Bonaparte, sur ordre du Directoire(37.) Cette fermeture pousse Babeuf et ses partisans à former une Conjuration des Égaux. Celle-ci est très organisée, avec à sa tête un Directoire formé de quatre hommes dont Babeuf, et un grand réseau de diffusion des idées babouvistes, qui atteignent jusqu'aux armées. L'ampleur du mouvement est cependant difficile à estimer : les conjurés pensent disposer de 17 000 hommes à Paris, chiffre certainement optimiste(38.) Le pouvoir, notamment le Directeur conservateur Carnot, craint de plus en plus la propagation du babouvisme. Le 28 avril, il fait dissoudre la légion de police, l'un des plus grands atouts des conjurés. Plusieurs indicateurs informent par ailleurs les Directeurs des agissements de ceux-ci(39.) Le 21 floréal an IV (10 mai 1796), Babeuf est arrêté. À l'issue d'un long procès, il est condamné à mort, de même qu'Augustin Darthé, le 7 prairial an V (26 mai 1797)(40.) Après une tentative de suicide, ils meurent tous deux sur l'échafaud le lendemain(41.) La principale raison de l'échec de la conjuration est son incapacité à soulever le peuple derrière elle, bien qu'elle pose les bases de mouvements à venir(42.)


Les troubles viennent également de la droite du Directoire. La répression anti-jacobine qui suit la conjuration des Égaux suscite en effet une peur de l'anarchie favorable aux royalistes. Carnot espère notamment un rapprochement en prévision du renouvellement du tiers du corps législatif pour germinal an V. Ce rapprochement reste incomplet, les demandes des royalistes étant trop élevées aux yeux du régime, notamment quant au retour des émigrés(43). Malgré cela, le 14 frimaire an V (4 décembre 1796), les Jacobins qui avaient été amnistiés sont à nouveau exclus des fonctions publiques, et les dernières mesures contre les prêtres réfractaires sont abrogées(44.) L'insurrection en Vendée se poursuit, bien que perdant en intensité. Les véritables espoirs des royalistes sont en effet tournés vers le général Jean-Charles Pichegru, général en chef sur le front allemand, à leur solde. Celui-ci trahit le Directoire et s'illustre par sa passivité, qui entraîne la perte de positions face aux Autrichiens. Suspicieux, l'exécutif le rappelle finalement à Paris, où il tente sans grand succès de fomenter un coup d’État. À la fin de l'année 1796, les tentatives de restauration de la monarchie par la voie armée sont toutes en échec, mais de nouvelles élections se profilent(45. )

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