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GUILLOTINE,chapitre,18

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Hors-ligne

Les théâtres d’exécution de la Terreur
Place de Grève : jusqu'au 21 août 1792 ; puis à partir de novembre 1794 jusqu'à mai 1795. Le 7 de ce mois de mai, il y aura 16 exécutions dont celle de Fouquier-Tinville.
Place de la Réunion : du 21 août 1792 au 11 mai 1793.
Place de la Révolution : du 12 mai 1793 au 8 juin 1794
Du 25 août 1792 au 24 mars 1794, les inhumations ont lieu au cimetière de la Ville-L’Évêque dit de la Madeleine : principalement, les victimes du 10 août, les deux souverains, les Brissotins, Manon Roland, les Hébertistes, Madame Du Barry et Charlotte Corday (dans un premier temps, mais son corps fut retiré pour être ensuite déposé aux Errancis).
Du 25 mars 1794, au 7 juin 1794, les inhumations ont lieu au cimetière des Mousseaux, dit des Errancis : principalement, la sœur du roi, les Dantonistes, les Robespierristes (exceptionnellement, le cimetière a été rouvert pour eux, le 28 juillet), les Fermiers généraux dont Lavoisier, les « Vierges de Verdun », Adam Lux, les Malesherbes, et Charlotte Corday (dans un deuxième temps).
Esplanade du Champ de Mars : le 12 novembre 1793. Pour l'exécution de Bailly (désigné coupable de la fusillade du Champ de Mars)note 23
Place Antoine : du 9 juin 1794 au 12 juin 1794 (la date la plus communément admise).
Place du Trône-Renversé : du 13 juin 1794 au 27 juillet 1794
Du 9 juin 1794 au 21 juin 1794, les inhumations ont lieu au cimetière Sainte-Marguerite : principalement, les Sainte-Amaranthe et les Renault, le prince de Rohan, et les Sombreuil. Environ trois cents corps.
Du 22 juin 1794 au 27 juillet 1794, les inhumations ont lieu au cimetière de Picpus, creusé dans le jardin du couvent des Augustines de Notre-Dame de Lépante. Au 9 juillet 1794, une première fosse est pleine. On compte environ mille trois cent-quinze corps : principalement, les Carmélites de Compiègne, le poète André Chénier, Roucher, et les deux frères Trudaine.


Les hommes face à la guillotine
Mourir comme un Romain

Les agapes des Girondins, la veille de leur exécution
Comme la plupart de ses condisciples, Desmoulins envisageait déjà, vers 1790, son destin politique conduit par la formule d’Horace « Dulce et decorum est pro patria mori »(note 24,) dont il s’était donné une traduction personnelle : « Je me sens la force de mourir sur un échafaud avec un sentiment de plaisir ». On ignore si plaisir il y eut, mais on ne compte plus, à l’image du courage et de la résignation devant la mort de ceux qui restèrent fidèles à leur foi ou à leur roi, les attitudes impavides des prosélytes de la Révolution, que rassurait sans doute la douceur promise de la guillotine : « une chiquenaude sur le cou » avait résumé Lamourette. Le convoi des plus insolites fut celui des trois charrettes des Girondins (plus une pour Valazé) qui, après les agapes fraternelles de la veille faites en prison, furent une vingtaine à partir ; ils se levèrent à l’approche des Jacobins pour chanter un couplet improvisé sur l’air de l’« hymne des Marseillais »(115 ). « La mort ne saurait m’effrayer ; si ma tête est utile au de la République, qu’elle tombe ! »(116.) C’est cette abnégation fataliste d’un Chabot qui fit mourir nombre d’entre eux comme des Romains, le stoïcisme antique s’étant mué en une vertu républicaine. Toutefois, certains refusèrent par le suicide d’aller à l’abattoir public. Parmi les plus connus, Roland, qu’on trouve percé de part en part d’une épée, Dufriche-Valazé, Philippe Rühl et Clavière se poignardent au cœur ; Rebecqui se noie ; Lebas, Lidon, Jacques Roux, Maure, Pétion, Buzot et Barbaroux se donnent un coup de pistolet, le dernier se manque et finit ses souffrances sur l’échafaud. Plus tard, ce sera le tour de six anciens Montagnards, surnommés les Crêtois, qui se tailladeront les veines au ciseau dont trois, cependant, survivront pour connaître le choc de la lame.


Inégaux sous le couperet

Affiche pour « Souvenirs de la Roquette », par un aumônier des prisons
Ces caractères inaltérables avaient fini aux yeux du peuple par représenter la normalité. Ainsi, un juge déclara à Jacques Cazotte que sa fille avait sauvé une première fois de la sentence fatale : « Va, reprends ton courage, rassemble tes forces, envisage sans faiblesse le trépas ; songe qu’il n’y a pas droit de t’étonner ; ce n’est point un instant qui doit effrayer un homme tel que toi »(117.) Pour le dithyrambique Michelet, les « hommes de la liberté » arboraient une fleur à la bouche sur le chemin de la guillotine. Une probable allusion à Jourdan Coupe-Tête, le « glaciériste » d’Avignon qui, pour donner une dernière touche à son cruel périple révolutionnaire, ne pouvait pas moins faire qu’une dernière crânerie en mâchant, debout sur la charrette, une branche de lilas(note 25.) Pour Jules Claretie : « On meurt bravement en pleine Terreur »(118,) et les rapports de police, nous dit Fleischmann, le confirment. Mais la ure ne fut sans doute pas aussi commune quand il était politiquement correct de préserver le caractère d’humanité proclamé du « rasoir national » ; d’autant moins que la description émotionnelle des derniers instants n’était pas le fort des « observateurs de l’esprit public »(note 26.) Les réactions des suppliciés furent, d’une fournée à l’autre, très contrastées, et les chroniqueurs en ont apporté des témoignages contradictoires.
On a, de fait, trop vite oublié les gens ordinaires, qui représentent plus d’un tiers des victimes parisiennes(119,) et près des deux tiers des victimes en France. Avec un peu d’attention, on aurait pu deviner à leur physionomie fantomatique le reflet d’une grande frayeur. Riouffe(120 )fait remarquer que le « courage n’est peut-être pas le mot propre à caractériser la résignation à une mort inévitable. Ceux qui mouraient avec un vrai courage, pense-t-il, avaient de l’éducation, les autres n’en avaient pas, « mais s’il eût fallu s’exposer pour secourir son semblable, à coup sûr le dévouement se serait trouvé du côté des hommes grossiers qui pleuraient ». Cet auteur aurait pu ajouter que certains, souvent parmi les plus humbles, avaient de la religion. Ce qu’en dit l’abbé Carrichon est d’autant plus précieux qu’il demeure un des rares témoins oculaires à avoir rapporté par écrit une scène entière d’exécution, celle de Madame de Noailles, qui fit partie du même convoi que sa mère et sa fille : « Ces signes, d’une grande piété si vive, d’une éloquence si touchante, faisait dire à mes tigres [la foule qui hurle autour de lui, et qui « rit et s’amuse de ce spectacle désolant »]  : Ah ! celle-ci, comme elle est contente, comme elle lève ses yeux au ciel, comme elle prie ! Mais à quoi ça lui sert-il  ? » Puis, par réflexion : Ah ! Les scélérats de calotins ! »(121. )

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