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Guerre 14-18,chapitre 31

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Traités de paix

Carte de l'Europe en 1923.

Le redécoupage de l'Empire ottoman selon le traité de Sèvres.
Articles détaillés : Traité de Versailles, Traité de Saint-Germain-en-Laye (1919), Traité de Trianon, Traité de Neuilly, Traité de Sèvres et Traité de Lausanne (1923).
Quatre empires se sont écroulés (empires allemand, russe, austro-hongrois et ottoman), ce qui transforme profondément la carte de l’Europe redessinée par les traités de paix de 1919(244.) À l’issue du traité de Versailles, l'Empire allemand perd 1/7 de son territoire : outre l’Alsace et la Lorraine déjà restituées à la France et Eupen et Malmédy rattachés à la Belgique, l’Allemagne perd à l’est la Posnanie et une partie de la Prusse-Orientale pour permettre la recréation de la Pologne ; la Haute-Silésie est partagée entre la Pologne et l’Allemagne. Le territoire allemand est coupé en deux par le « couloir de Dantzig », démilitarisé, voyant ses colonies confisquées, surveillé, condamné à de lourdes réparations est rendu principal responsable du conflit. Ces réparations, dont le montant n’est fixé qu’en avril 1921 par la commission des réparations, s’élèvent à 132 milliards de marks-or, dont initialement 50 milliards de marks sous forme d'annuités de 2 milliards, la commission devant évaluer l'état de l'économie allemande avant de mettre en place la suite du paiement. En 1932, les alliés renoncent à toute indemnité de guerre car l'Allemagne est durement touchée par la crise financière et économique de 1929. Elle n'aura versé au total que 22,8 milliards de marks-or grâce aux capitaux que lui prêteront les Américains (plan Dawes et Young)(245).


L'Empire russe, devenu la Russie communiste, ne retrouve pas les territoires cédés au traité de Brest-Litovsk : les pays baltes et la Finlande deviennent indépendants. L’ouest de la Russie est attribué à la Pologne – plus exactement la Pologne indépendante reconstituée récupère ses territoires qui avaient été jadis conquis par les empires de Russie, de Prusse et d'Autriche. Après le traité de Sèvres, l’Empire ottoman devait être découpé selon le droit à l’autodétermination des peuples et le découpage de la Turquie actuelle entre les grandes puissances. Cependant, après la guerre menée par Atatürk et le traité de Lausanne, l’Empire ottoman est réduit à l’actuelle Turquie. La Syrie et l’Irak deviennent des mandats français et britanniques.
L’Empire austro-hongrois est quant à lui démantelé - avec la naissance d’une Autriche, d’une Hongrie et d’une Tchécoslovaquie. Le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, qui deviendra la Yougoslavie, est constituée de l’union du Royaume de Serbie avec l’État des Slovènes, Croates et Serbes et le Royaume de Monténégro. Elle réunit les Slaves du Sud des Balkans, mais elle doit céder l’Istrie à l’Italie au terme du traité de Rapallo de novembre 1920. Tous ces États adoptent des régimes parlementaires. La démocratie s’installe enfin dans bon nombre de pays d’Europe centrale et orientale, mais dans beaucoup, la démocratie ne résiste pas à l’installation rapide de régimes autoritaires, communistes ou conservateurs.


Historiographie
Articles détaillés : Historiographie de la Première Guerre mondiale et Kriegsschuldfrage.
La chronologie des événements laisse voir combien la question des responsabilités reste entière. Ces dernières se trouvent de fait dispersées au fil des décisions. Rien dans cette succession n’était inéluctable. L'historiographie des responsabilités accorde un poids, une valeur, à chaque épisode, chaque décision(246 ):
le degré d’implication des services de l’État serbe, probablement à l’insu de ses dirigeants, dans la préparation et la réalisation de l’attentat ;
la négligence envers l’avertissement prononcé par l’ambassadeur serbe quant à une menace d’attentat ;
l’erreur de jugement du Kaiser lorsqu’il donne son appui inconditionnel à l’Autriche-Hongrie, persuadé que la Russie n’interviendra pas ;
la dureté voulue de l’ultimatum austro-hongrois ;
le degré de pression que l’Allemagne a réellement mis sur l’Autriche-Hongrie pour négocier la condition rejetée par la Serbie sans faire perdre la face aux parties adverses ;
le degré de manœuvre, face aux pan-slaves, du premier ministre serbe si favorable à une bonne entente avec son voisin ;
le fait que le tsar Nicolas II n’a pas pu ou su s’opposer aux bellicistes de son gouvernement, ainsi que d’avoir accepté l’idée d’une mobilisation secrète, qui fut presque aussitôt connue des Allemands ;
le soutien accordé discrètement à la Russie par le gouvernement français, qui, ayant déjà refusé de soutenir la Russie lors des précédentes guerres balkaniques, craint que la Triple-Entente ne s'effrite ;
son acceptation du non-respect du traité militaire qui lie les deux pays ;
la violation de la neutralité belge garantie par le traité de 1831 que l'Allemagne considère comme un « chiffon de papier » (dixit le chancelier Bethman Hollweg), ce qui entraîne l'entrée en guerre de l'Angleterre qui ne peut admettre de voir l'Allemagne conquérir Anvers et la côte de la mer du Nord, perspective menaçante pour la Royal Navy.

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