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sangsue médicale,chapitre,1

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Hirudothérapie

La sangsue médicinale est utilisée en médecine pour décongestionner le tissu cutané après certaines interventions de micro-chirurgie.
L'hirudothérapie est une thérapie utilisant des sangsues en médecine. Elle est pratiquée depuis plus de deux millénaires (La première mention clairement documentée de sangsues médicinales utilisées à des fins thérapeutiques apparaît provient d'un tombeau égyptien daté d'environ 1500 avant notre ère(1,)(2).
Le principe thérapeutique est de profiter de la capacité de certaines sangsues à – de manière presque indolore – prélever du sang humain tout en injectant un anticoagulants (hirudine)(3) et un anesthésique naturel(4) et bien tolérés par l'organisme humain. La sangsue a un effet immédiat et local, comparable à celui d'une petite saignée, mais avec moins de douleur et avec le bénéfice supplémentaire d'une liquéfaction du sang (qui améliore le retour veineux(5 )avec pour inconvénient cependant d'aussi causer un saignement abondant de la plaie durant de 6 à 12 heures environ).
Plusieurs espèces de sangsues sont capturées pour cet usage depuis l'Antiquité. Si la plupart des espèces utilisés sont du genre Hirudo, d'autres espèces et genres peuvent être utilisées, et l'ont été (dont en Europe en raison d'un manque de sangsues de cette espèce quand elle a été surexploitée pour cet usage qui a causé une pénurie de sangsue en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles dans certains pays européens)(1). Elles le sont dans leur environnement naturel ; dans les étangs, cours d'eau lents, mares ou bassins où elles vivent. Au XVIIIe et surtout au XIXe siècle, elles étaient aussi élevées dans des étangs et bassins spécialisés (parfois de manière semi-industrielle), avant d'être vendues, puis conservées vivantes par les apothicaires, hôpitaux, médecins en attendant d'être utilisées.


Histoire

Gravure sur bois de Guillaume van den Bossche (1639) dans une « histoire de la médecine », présentant une femme s’appliquant des sangsues sur l’avant-bras gauche, près d’un grand bocal de verre contenant d’autres sangsues(6.)
Plusieurs civilisations ont utilisé les sangsues pour un usage médicale(7 )(Arabie, Chine, Inde, Égypte et Occident). L'utilisation médicale des sangsues remonte au moins à l'Antiquité égyptienne et s'est poursuivie durant l'antiquité grecque et romaine (Un vers de l'art poétique d'Horace fait allusion à la faculté qu'ont les sangsues d'absorber le sang: Non missura cutem nisi plena cruoris hirudo)(8). 100 ans av. J.-C., Thémison de Laodicée en parle ; un siècle après Pline l'Ancien les recommande contre le gonflement des hémorrhoïdes. En 360 Oribase les prescrit contre l'inflammation des yeux alors que Paul d'Égine, dit parfois Paul Éginète, les utilise contre les fièvres inflammatoires. Puis en 445 Aétius les juge efficace contre la manie. Au cours des âges on les voit ainsi utilisées pour soigner les laryngites aigües, les néphrites, des névralgies, l'épistaxis, des ophthalmies, des gastrites aigües, la scarlatine, l'appendicite, les AVC (congestions cérébrales), etc.
Dans son Canon (publié vers 1020), Avicenne considérait que l'application de sangsues était plus utile que l'utilisation de ventouses pour "retirer le sang des parties du corps les plus profondes". Il a également proposé l'utilisation de sangsues pour le traitement de maladies de la peau.


L'utilisation de sangsues est devenue une méthode thérapeutique populaire au Moyen Âge en raison de l'influence du Canon.
Une utilisation plus moderne en médecine a été proposé au XIIe siècle par ʿAbd al-Latîf al-Baghdâdî qui a écrit que les sangsues pouvaient aussi être utilisées pour le nettoyage des tissus après une intervention chirurgicale. Il recommandait toutefois de bien nettoyer les sangsues avant et après les avoir utilisées.
Au XVIe siècle Alexander Benedictus les utilise contre les étourdissements. En 1665 Jérôme Nigrisoli en fait un usage gynécologique interne qu'il décrit dans un mémoire sur l'application des sangsues à la partie interne de l'utérus(8.)
Au XVIIIe siècle, elles sont remises à l'honneur pour traiter les phlébites et les hémorroïdes(5.)
Durant la Révolution française, avec le manque de chirurgiens, elles sont très utilisées pour réaliser les saignées(5.)
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