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Pie,chapitre,7

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Habitat, en forte évolution
La pie bavarde affectionne particulièrement les lieux riches en bosquets, les petits bois ainsi et - de plus en plus - les parcs et jardins des zones urbaines, les délaissés routiers et autoroutiers. Dans son aire de répartition, on la retrouve donc dans tous les types de milieux à l'exception des forêts denses. Elle est négativement affectée par la fragmentation écologique des paysages(47). Elle bénéficie par contre des opérations de rénovations urbaine et de la périurbanisation qui lui offrent des paysages ouverts de parcs arborés.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, la pie tend non pas à déserter les habitats ruraux profonds au profit des espaces verts urbains mais à avoir un taux de fécondité et de survie plus élevés en ville qu'à la campagne(48,)(5,) comme on le note aussi pour d'autres corvidés(49,)(50,)(51)(,52.) les données récentes disponibles confirment que « les fortes densités de pies en ville sont très probablement la conséquence de processus locaux combinant une meilleure fécondité à une meilleure survie des individus et non pas le résultat de déplacements d’individus »(24.)
Cette progression urbaine est récente : par exemple, la pie bavarde n'a été observée à Caen (Collette, 1989) et à Paris (Jarry, 1991) qu'à partir de la fin des années 1970. Elle était totalement absente de Paris au début du XXe siècle(53 )mais considérée comme en expansion dans la région qui était en forte urbanisation à partir des années 1970(54,) parallèlement à une diminution de la densité de corneille noire (Corvus corone), laquelle est un prédateur des œufs ou des jeunes pies(55). C'est un oiseau qui apprécie de nicher dans de grands arbres proches de zones ouvertes, arbres qui ont régressé dans les campagnes avec les remembrements et le recul des haies et du bocage.
Le même constat est fait dans le nord de la Russie, en limite nord de son aire naturelle de répartition(56.) Les villes semblent lui offrir un nombre élevé de strates de nidification(48) plus difficiles à trouver ou à exploiter dans les campagnes. Il est possible que les bulles de chaleur urbaines lui profitent aussi, combinées à la tendance au réchauffement climatique(57 )(ex : en Angleterre la date moyenne de ponte était plus précoce de 29 jours en 2003 qu'en 1966(58). De fortes densités urbaines (8 % environ du territoire en France) ne doivent pas cacher le déclin général des corvidés mis en évidence par les inventaires globaux d'espèces communes (Programme STOC en France)(59.)


Effectifs et tendances

Cette espèce ne semble jamais avoir été très présente en forêt. On note depuis quelques décennies que les populations urbaines augmentent beaucoup(8)

En dépit d'une visible augmentation des populations urbaines et périurbaines, les effectifs globaux sont en nette baisse (en France et en Russie)(8)

L'emplacement des aires de répartition est en forte évolution depuis les années 1970, au détriment des zones d'agriculture intensive où les populations régressent, et au profit de zones « écopaysagèrement » plus complexes et des zones urbaines(8)

Variations (en 15 ans) selon le type de contexte écopaysager ; Entre 1990 et 2005, le taux de croissance annuel a été de 0.004 dans les environnements construits, mais de -0.09 dans les habitats agricoles, et de -0.06 dans les habitats semi-naturels (Forêt bocage, zones humides)(8)

La pie fait preuve d'une certaine intelligence et d'un caractère marqué, et a pour ces raisons parfois été élevée comme animal domestique, comme en témoigne ce portrait de Don Manuel Osorio Manrique de Zúñiga, enfant, par Goya.
Son statut actuel en France est celui d'Espèce commune, en déclin(60.)


La population européenne nicheuse, selon les données disponibles a été estimée au début des années 2000 comprise entre 6,5 et 14 millions de couples8, avec une nette croissance des années 1970 à 1990 (+22,1 %) suivie d'un recul dans certains pays (France, Russie)(8.) Cependant « si la plupart des populations européennes sont stables ou en croissance entre 1990 et 2000, les effectifs de pays ‘clés’ comme la France et la Russie déclinent fortement », ce qui rend possible un déclin global de l’espèce, qui n'est cependant pas considérée comme menacée à cette échelle européenne(61.)
En France, pour le grand public, après une augmentation des populations urbaines de pies avant 1990, une visibilité accrue de cette espèce dans les zones habitées a caché un déclin global très rapide de l'espèce ; la perte a été de 68 % des effectifs entre 1989 et 2001 selon le CRBPO, sur la base du suivi STOC(62.) La population totale serait d'environ 22 244 000 couples de pies (±290 000), de plus en plus urbaines. Or, la part de la France dans la population européenne de pie est importante (d'environ 16 à 34 % du total européen nicheur selon les sources)(8). La pie n'est pas seule à subir un tel déclin : tous les oiseaux communs (100 espèces suivies par le programme STOC sont en régression en France (notamment ceux des milieux agricoles), avec une baisse moyenne d'effectifs de 10 % entre 1989 et 2001. mais ce déclin est beaucoup plus grave et rapide chez la pie que pour la moyenne des autres oiseaux, et en dépit d'apparences trompeuses. Les raisons pour lesquelles son taux de survie (moyenne et individuelle) diminue dans les milieux ruraux sont encore mal expliquées (pesticides, manque de nourriture et modifications des paysages pourraient peut-être y contribuer, de même que la pression de piégeage).
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