www.handi-zen.com

handi-zen

Terreur (révolution Française),chapitre,2

734 appréciations
Hors-ligne

La Terreur atteint son paroxysme à Paris et en province entre l’été 1793 et l'été 1794. Le Comité de public, divisé sur la répression, créa, au printemps 1794, un « bureau de police » pour contrôler les dérives du Comité de sûreté générale que contrôlent son président Vadier, Amar et Jagot, eux-mêmes sous le contrôle de trois membres éminents du Comité de public : Barère – ami intime de Vadier –, Billaud-Varenne et Collot d’Herbois.[réf. nécessaire] Le Comité de sûreté générale est une police judiciaire, fonctionnant en liaison avec le Tribunal révolutionnaire. Il a délivré infiniment plus de mandats d’arrêt que toutes les autres autorités réunies(15,) notamment le Comité de surveillance du département de Paris ainsi que les comités de surveillance des sections parisiennes(16.) Ce n’est qu’au mois de mars 1794, après le vote des lois de ventôse, que les pouvoirs de l’État sont concentrés, hormis la partie financière(17), entre les mains du seul Comité de public(18.) Ses membres se sont peu à peu opposés sur la question des « sévérités nécessaires » : Robespierre était partisan de la modération et des sévérités motivées, contre l’avis de Barère, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne qui ont eu à répondre avec Vadier et Amar du Comité de sûreté générale, de nombreux crimes et actes de barbarie, ce qui vaudra aux trois premiers une condamnation à la déportation en l’an III.


Au nom de la guerre et du «  public », une politique de répression est instaurée par le gouvernement révolutionnaire, sous la pression d’événements menaçant la sûreté de l’État. C’est l’application outrancière de ces sévérités nécessaires, c’est-à-dire le terrorisme se superposant à la répression, qui ouvrit la porte à une terreur que l’on n'avait pas connue depuis les massacres de Septembre 1792, un an plus tôt. Les révélations de complots dans la Lettre anglaise qui fut publiée en juillet 1793 par la Convention, le soulèvement de Lyon puis de la Vendée, la prise de Toulon, etc. furent l’occasion, pour le Comité de public et la Convention, de réactions motivées. Celles-ci donnèrent lieu, chaque fois ou presque, dans les faits, à des exagérations dans le dosage de la répression, que ce soit en Vendée, à Lyon, dans le Nord et dans le Midi, ou à Paris. Dès la mise à l’ordre du jour de la Terreur par Barère(19,) les libertés commencèrent à s'amenuiser, tandis qu'une politique de lutte contre les dangers intérieurs et extérieurs menaçant la République avait été décrétée et aussitôt mise en application : d’abord la loi contre les étrangers du 5 septembre, puis l'importante loi des suspects du 17 septembre 1793 qui connut des aménagements successifs jusqu’à sa suppression alors que l’Autriche et l’Angleterre étaient toujours en guerre(20.)


La loi du 22 prairial (10 juin 1794) qui simplifia à l’extrême les procédures de mise en accusation et supprima toute défense, instaura, à Paris seulement, une série d’exécutions massives qu’on baptisa la Grande Terreur. On a longtemps considéré que la Terreur s’achevait le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) avec la chute de Robespierre et de ses partisans et leur exécution le lendemain ; les historiens sont aujourd'hui plus nuancés : ils rappellent que seule la loi du 22 prairial est abolie dans les jours qui suivent le 9 thermidor, et que le tribunal révolutionnaire et la loi des suspects ne sont pas supprimés avant de longs mois(21.) Les acteurs majeurs de la période sont, notamment, Barère, Collot d’Herbois, Billaud-Varenne et Lazare Carnot(22.) Contrairement à une tradition bien ancrée dans les manuels scolaires, Robespierre, Saint-Just et Couthon n’ont jamais poussé à la surenchère terroriste. Au contraire, Robespierre a fait obstacle, contre l’avis de ses collègues, aux manœuvres sanguinaires et parfois crapuleuses, en province, de Fouché, de Le Bon, de Carrier et autres représentants proches de Barère. Néanmoins, le rôle de Robespierre dans la Terreur a été amplifié à cause de son discours resté célèbre, prononcé à la Convention nationale, le 25 décembre 1793 (extraits) :
« Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder. […] Le gouvernement révolutionnaire doit au bon citoyen toute la protection nationale ; il ne doit aux Ennemis du Peuple que la mort. Ces notions suffisent pour expliquer l’origine et la nature des lois que nous appelons révolutionnaires […]. Si le gouvernement révolutionnaire doit être plus actif dans sa marche et plus libre dans ses mouvements que le gouvernement ordinaire, en est-il moins juste et moins légitime ? Non ; il est appuyé sur la plus sainte de toutes les lois : le du Peuple. »

Répondre
Pseudo :
Adresse e-mail:


Se souvenir de mes infos ( pseudo et e-mail ) :
Cochez la case ci-contre :

Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 168 autres membres