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Révolution Française,chapitre,10

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Déclaration de guerre

Néanmoins, plusieurs partis intérieurs souhaitent la guerre : le roi tout d'abord, qui espère secrètement une défaite de la France afin de rétablir entièrement son trône; une partie des Feuillants au pouvoir, tels que Lafayette, en quête d'une certaine gloire militaire ; une partie des Jacobins, menés par Brissot et Vergniaud, qui voient dans une guerre le moyen de canaliser l'agitation populaire, de consolider la Révolution, de propager les idées révolutionnaires en Europe(97,) voire d'ouvrir des débouchés économiques.
C'est à ce moment que s'esquisse la confrontation entre Girondins et Montagnards. À partir de décembre 1791, Robespierre, Billaud-Varenne, Camille Desmoulins, Georges Danton, François Nicolas Anthoine, Philibert Simond, François Amédée Doppet, Antoine Joseph Santerre, Étienne-Jean Panis, soutenus ou entraînés par les journaux, Le Père Duchesnes d'Hébert, Les Révolutions de Paris de Louis Prudhomme et Sylvain Maréchal, L'Ami du peuple de Marat, L'Orateur du peuple de Fréron, La semaine politique et littéraire de Dusaulchoix et, plus modérément, Le Journal universel de Pierre-Jean Audouin, mènent campagne contre la guerre(98 )qu'ils jugent contraire à l'esprit pacifique de la révolution, inscrit dans la constitution de 1791(99.) Ils estiment également que les ennemis intérieurs de la révolution sont plus dangereux que les émigrés et doivent donc être combattus en priorité.
Mais à l'assemblée législative, surtout après la mort de Léopold II, le 2 mars 1792, la solution de la guerre va s'imposer(100.) Louis XVI renvoie ses ministres feuillants hostiles à la guerre et nomme des ministres girondins favorables.
Le 20 avril 1792, sur proposition de sa part et après un vote à une écrasante majorité de l’Assemblée législative, la guerre est déclarée au « roi de Bohême et de Hongrie », c'est-à-dire à l’Autriche seule et non à l’Empire(101.)


Vetos royaux
Articles détaillés : Déclaration de guerre de la France à l'Autriche (1792) et Volontaires nationaux pendant la Révolution.
Les débuts de la guerre sont catastrophiques : l'armée française, totalement désorganisée par l'émigration d'une partie des officiers nobles subit ses premières défaites(Note 19 )qui laissent les frontières nord et nord-est dégarnies.
Ces événements développent chez les patriotes un sentiment de trahison envers la Cour, des aristocrates et des prêtres réfractaires. Sous la poussée des Girondins, l’Assemblée vote alors trois décrets de précaution et de défense organisant la déportation des prêtres réfractaires (27 mai), le licenciement de la garde du roi (29 mai) et la constitution d’un camp de gardes nationaux (Fédérés) pour défendre Paris (8 juin)(102.)
Le 12 juin, Louis XVI renvoie ses ministres girondins et, le 13, met son veto aux décrets sur les réfractaires et sur les fédérés. Cette situation vaut au Roi le surnom de « Monsieur Veto » et provoque le 20 juin 1792 une nouvelle journée révolutionnaire qui voit le peuple investir les Tuileries. Mais pour une fois, le roi tient bon et, tout en acceptant l'humiliation de porter le bonnet phrygien devant les sans-culottes, refuse de revenir sur sa décision(103). L’entrée en guerre de la Prusse aux côtés de l’Autriche (6 juillet) oblige l'Assemblée législative à contourner le veto royal en proclamant « la patrie en danger » le 11 juillet 1792 et en demandant à tous les volontaires d'affluer vers Paris(Note 20.)


Le 10 août 1792
Suggéré par la reine et ébauché par Louis XVI, le manifeste de Brunswick(104,) rédigé à Coblence le 25 juillet 1792, est connu à Paris le 1er août suivant ; ce texte promettant aux Parisiens « une exécution militaire et une subversion totale » s’il est fait la moindre violence à la famille royale, ne laisse plus aucun doute aux patriotes sur la trahison du roi. D’une rare maladresse, ce document, loin d’effrayer les sans-culottes, enflamme les sections parisiennes tout en leur donnant le prétexte recherché pour relancer la Révolution et faire chuter la monarchie(105.)


Danton
Dirigée autant contre l'Assemblée que contre le roi(106,) peu de journées révolutionnaires ont été préparées plus longuement et plus méthodiquement que cette journée du 10 août 1792(107 )Ainsi, dans la nuit du 9 au 10 août, une Commune insurrectionnelle se forme à l’Hôtel de ville et remplace la municipalité légalement établie. Au petit jour, les insurgés composés de gardes nationaux des faubourg patriotes, et des fédérés se présentent devant les Tuileries que défendent des volontaires nobles, la garde suisse et une poignée de gardes nationaux. Contenus un temps, et malgré de lourdes pertes, les insurgés prennent d’assaut le palais qui est investi et pillé et dont une partie de la garde suisse est massacrée(108.) Cependant, avant l’attaque, le roi accompagné de la famille royale s’est réfugié dans l'enceinte de l'Assemblée législative qui le reçoit avec respect, mais le suspend de ses fonctions après le succès complet du mouvement insurrectionnel(109.)

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