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Louis XIV,chapitre,3

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« Il n'avait ni la grâce chevaleresque de François ler, ni la séduisante familiarité de Henri IV. »
Mais il était toujours roi, à toute heure et dans les moindres choses : 
« jetant sa canne par la fenêtre pour n'en point frapper un gentilhomme, supportant avec une égale dignité la joie, la colère, la douleur physique même, échappant par cette inaltérable majesté aux faiblesses de la nature humaine, il fut parfois odieux sans jamais être ridicule » (Prévost-Paradol). 
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Louis XIV en majesté, par Rigaud (musée du Louvre).
« Au milieu de tous les hommes - dit Saint-Simon qui tremblait au moment de lui parler - sa taille, son port, les grâces, la beauté et la grandeur même qui succéda à la beauté, jusqu'au ton de la voix et à l'adresse et à la grâce naturelle et majestueuse de sa personne, le faisaient distinguer jusqu'à la mort comme le roi des abeilles, »
« Il paraissait avec ce même air de grandeur et de majesté en robe de chambre jusqu'à n'en pouvoir soutenir les regards, comme dans la parure des fêtes et des cérémonies ou à cheval à la tête de ses troupes. » 
Le développement de la cour, les minuties de l'étiquette, enfin la création de Versailles, ce temple de l'absolutisme, furent les conséquences naturelles de l'idée en quelque sorte religieuse que Louis XIV se fit de son pouvoir et de sa personne. Ce qui le met à part de la foule des despotes, c'est que, malgré sa vanité, il conserva le bon sens, la faculté « d'emprunter à autrui sans imitation et sans gêne », le tact et l'urbanité dans le choix et le maniement des gens : toutefois c'est aux recommandations suprêmes de Mazarin qu'il dut en partie, ne l'oublions pas, la collaboration des ministres éminents qui allaient former son premier conseil, entre autres le diplomate Hugues de Lionne et le financier, ou plutôt le ministre universel Jean-Baptiste Colbert. 


La vie privée de Narcisse.
Louis XIV n'était pas très beau, et son visage avait été marqué par la petite vérole; mais il avait des traits réguliers, des yeux expressifs et, malgré sa taille moyenne, une prestance vraiment royale. Il s'habillait richement, sans afféterie, d'habits commodes. Enfant, il n'avait aucune vivacité d'esprit, mais les connaisseurs avaient remarqué son air calme, qui dénotait une surprenante maturité. Sa qualité maîtresse paraît avoir été un certain bon sens, servi par une mémoire excellente et des habitudes régulières. Il lisait peu, mais savait écouter, et savait faire illusion en parlant bien de toutes choses. Il était poli avec exactitude et maître de ses émotions et de ses sentiments jusqu'à la dissimulation. Nul, mieux que lui, ne garda les secrets d'Etat et sépara mieux les affaires et les plaisirs.


La vie de cour.
Louis XIV a porté la vie de cour à son point de perfection. Il l'aimait, certes, car il y était incomparable et tout y tournait autour de sa personne comme les astres autour du Soleil; mais ce profond calculateur y vit surtout I'avantage d'occuper sa noblesse et de lui rendre, sur ce brillant théâtre, le premier rang, qu'elle avait perdu dans le gouvernement. Rien, pour un peuple sociable et vain, ne console mieux de la nostalgie des grandes choses, qu'une vie mondaine réglée avec magnificence. Mais il fallait que le roi menât le jeu et fît mine au moins d'y attacher de l'importance. Louis XIV s'y donna de tout coeur et n'en dispensa personne. Et il sut si bien doser les moindres faveurs et s'intéresser à tout, que la vie de cour devint pour la noblesse française une chose délicieuse et la condition même de toute brillante carrière.

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