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Les trois glorieuses,chapitre,12,bis

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Au palais Bourbon, les députés, réunis à midi, refusent de recevoir les ordonnances en considérant que Charles X a cessé de régner et désignent une commission de cinq membres pour aller discuter avec les pairs : Augustin Perier, Horace Sébastiani, François Guizot, Benjamin Delessert et Jean-Guillaume Hyde de Neuville. Au palais du Luxembourg, les députés expliquent au duc de Mortemart que Charles X a cessé de régner et que le duc d’Orléans est désormais le seul rempart contre la république. Mortemart, tout en protestant qu’il ne peut, comme ministre de Charles X, entrer dans un tel raisonnement, finit par reconnaître que la lieutenance générale du duc d’Orléans lui semblerait, dans les circonstances de l’heure, la moins mauvaise des solutions. La plupart des pairs présents opinent dans le même sens et Sébastiani est envoyé au palais Bourbon pour communiquer cette délibération aux députés.


Il ne reste plus qu’à convaincre le duc d’Orléans que le moment est venu de se découvrir. Or Louis-S’agissant du duc de Mortemart, il n’est arrivé à Paris, accompagné du comte d’Argout, que dans la matinée(N 26.) Il a prévu de se rendre chez Laffitte, puis à l’hôtel de ville, mais il rencontre sur le chemin Bérard et son beau-père, le général Mathieu Dumas, qui lui annoncent que les députés qui s’étaient réunis chez le banquier viennent de se séparer mais qu’ils se retrouveront à midi au palais Bourbon pour confier au duc d’Orléans la lieutenance générale du royaume. Au duc de Mortemart, qui lui montre les ordonnances dont il est porteur, Bérard répond froidement : « Charles X a cessé de régner. […] Il est trop tard, le moment où un traité était possible est passé, il ne reviendra jamais »(19.) Effondré, Mortemart renonce à se rendre à l’hôtel de ville et se précipite au palais du Luxembourg où Sémonville a réuni quelques pairs. L’un d’entre eux, le comte de Sussy, s’offre d’aller notifier les ordonnances à l’hôtel de ville après en avoir fait faire des copies certifiées conformes : aimablement accueilli par La Fayette, il doit fuir sous les huées de la foule lorsque celui-ci donne lecture des ordonnances. Philippe craint d’entrer prématurément dans Paris. Au matin du 30 juillet, rien ne démontre que Charles X est complètement hors jeu : il est encore à Saint-Cloud, vient de nommer un nouveau gouvernement, peut abdiquer en faveur du duc de Bordeaux… Le duc d’Orléans juge prudent d’attendre et, dans la matinée, son aide de camp, le général de Rumigny, l’a prévenu, de la part de quelques députés, que les parlementaires voudraient l’appeler sur le trône, mais que Charles X pourrait tenter de le faire arrêter. Aussi quitte-t-il discrètement son domaine de Neuilly par Levallois pour se rendre dans son château du Raincy, beaucoup plus éloigné de Saint-Cloud(N 2)7.


Vers midi, les députés se réunissent au palais Bourbon. Seul Hyde de Neuville parle en faveur de Charles X, et ils ne sont qu’une poignée à évoquer la république ; tous les autres sont favorables au duc d’Orléans, mais se divisent sur les conditions de son arrivée au pouvoir : certains veulent le proclamer lieutenant général du royaume, tandis que d’autres voudraient l’élever tout de suite sur le trône.
Article détaillé : Hésitation de 1830.
En définitive, en début d’après-midi, les députés s’accordent sur la première formule et adoptent une proposition rédigée par Benjamin Constant qui « prie S.A.R. Mgr le duc d’Orléans de se rendre dans la capitale pour y exercer les fonctions de lieutenant général du royaume » et « lui exprime le vœu de conserver les couleurs nationales ».

Adélaïde d’Orléans, princesse du sang (titrée Mademoiselle d’Orléans), sœur de Louis-Philippe.
Dans la matinée, les députés ont décidé d’envoyer Henri de Rigny, accompagné de Jean Vatout, sonder le duc d’Orléans au château de Neuilly ; mais Thiers, muni par Laffitte et Sébastiani de lettres d’introduction et accompagné du peintre Ary Scheffer, familier de la famille d’Orléans, est parti à toute allure sur de bons chevaux prêtés par le prince de la Moskowa, gendre de Laffitte, pour leur griller la politesse. Thiers, arrivé le premier, ne trouve pas le duc d’Orléans à Neuilly, mais, tandis que la duchesse lui explique « qu’il est impossible que [son mari] accepte tant que le roi est encore à Saint-Cloud »(N 28), Mademoiselle d’Orléans, sœur du duc, paraît lui accorder une attention beaucoup plus complaisante. Il faut éviter, dit-elle, de « donner à la révolution le caractère d’une révolution de palais, d’une intrigue du duc d’Orléans »(20) et de provoquer une intervention des puissances étrangères. Thiers fait valoir que la solution orléaniste peut seule sauver la France de l’anarchie et que les puissances, soulagées de voir la France échapper à la république, ne pourront qu’approuver le changement de dynastie. En définitive, l’intrépide Mademoiselle d'Orléans conclut : « Si vous croyez que l’adhésion de notre famille peut être utile à la révolution, nous vous la donnons bien volontiers ! »(21), et elle va même jusqu’à envisager de se rendre elle-même à Paris pour accepter la lieutenance générale au nom de son frère : « Il faut que la Chambre des députés se prononce, mais cela fait, mon frère ne peut hésiter, et, s’il le faut, j’irai moi-même à Paris et je promettrai en son nom, sur la place du Palais-Royal, au milieu du peuple des barricades »(22.)

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