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Le Directoire,chapitre,8

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En Europe, en effet, la France doit faire face à la Deuxième Coalition : à la suite de l'invasion de la République romaine par le royaume de Naples, les armées françaises s'aventurent à nouveau en Italie, occupant Rome puis Naples. Progressivement, la France se retrouve en guerre avec la Russie, puis l'Autriche(83.) Afin d'alimenter ses armées, la France adopte en septembre 1798 la loi Jourdan établissant la conscription. Le corps législatif décide de la levée de 200 000 hommes ; 96 000 seulement partent finalement(84.) Les coalisés ayant décidé d'attaquer sur plusieurs fronts (Italie, Est de la France, et Hollande), il est décidé de répondre par des attaques multiples. Cette stratégie risquée se solde par plusieurs défaites(85.) À l'automne 1799, la situation se redresse, sans pour autant faire oublier les échecs diplomatiques du Directoire(86.)
La population se montre par ailleurs très rétive face à la conscription, et les levées sont marquées par l'insoumission et les révoltes. En témoignent les effectifs bien plus réduits que ce qu'attendait le Directoire. Les réticences sont accentuées par une disposition de la loi sur la conscription : les plus riches peuvent en effet payer un remplaçant, créant des inégalités(87). Lorsque Bonaparte arrive à Fréjus le 9 octobre 1799, l'opinion commence donc à le considérer comme le seul homme apte à rétablir la paix(88.)


Prairial an VII et la revanche des Conseils (→ les Conseils législatifs semblent dominer l'Exécutif ; néo-jacobins et royalistes s'activent ; apaisement et modération l'emportent, 1799)
Article détaillé : Coup d'État du 30 prairial an VII.

Portrait de Sieyès en médaillon au-dessus d'une représentation du 18 brumaire an VIII,
Paris, BnF, département Estampes et photographie, entre 1798 et 1817.
La situation politique et militaire profite aux Jacobins, qui parviennent parfois à entraîner le Conseil des Cinq-Cents contre les excès du Directoire(89.) Après les élections troublées de 1798, l'exécutif appelle avant tout à la modération et à l'apaisement pour celles de 1799. Il ne dispose pas des moyens d'imposer ses vues aussi facilement que l'année précédentes. Un tiers seulement des candidats qu'il soutient sont choisis par les assemblées électorales. La participation, très basse, profite aux Jacobins(90.) Les difficultés rencontrées dans la guerre mettent à mal le Directoire, tandis que Reubell quitte l'exécutif pour être remplacé par Sieyès. Celui-ci étant l'un des chefs des « révisionnistes », favorables à une modification de la Constitution pour créer un exécutif fort et stable, sa nomination est un nouveau coup porté aux directoriaux(91).
La suspicion du corps législatif à l'égard de l'exécutif s'accroît : dans la mesure où les conseils lui sont de moins en moins favorables, le Directoire pourrait être tenté de fomenter un coup d’État. Tandis que Sieyès se rapproche de Barras et envisage d'éliminer les trois autres Directeurs, un député jacobin utilise une légère irrégularité pour invalider la nomination de Treilhard comme Directeur, bien que cette irrégularité n'ait, par le passé, pas été jugée problématique. Malgré l'insistance de La Révellière-Lépaux, il choisit de démissionner et est remplacé par Louis Gohier, un Jacobin modéré(92.) Le lendemain, 18 juin 1799, le Coup d'État du 30 prairial an VII (aussi nommé « revanche des conseils ») force à la démission La Révellière-Lépaux et Merlin de Douai, accusés de fomenter un coup d’État, et tous deux sont remplacés par Roger Ducos et Jean-François Moulin. Le nouveau Directoire est donc aligné sur les positions révisionnistes, Barras se ralliant pour survivre(93.)
Se pensant revenus en force, les Jacobins prennent confiance et obtiennent plusieurs mesures : les lois limitant la presse sont abrogées, tandis que la conscription est instaurée, ainsi qu'un emprunt pour financer l'effort de guerre. Afin d'assurer la sécurité intérieure et d'éviter les troubles fomentés par les royalistes, ils font également adopter la loi des otages permettant, dans les localités troublées d'arrêter des nobles et parents d'émigrés. Prenant de l'importance, les néo-jacobins créent le Club du Manège qui leur sert de lieu de réunion. Les craintes d'un retour à la Terreur commencent à poindre dans la presse, et Sieyès finit par faire fermer le club sans que cette décision suscite beaucoup de protestations. Il liquide ainsi ses alliés de gauche trop turbulents(94.)
L'agitation touche également les sphères royalistes qui se remettent peu à peu de la Terreur fructidorienne. Persuadés de disposer de forces suffisantes, les royalistes décident de profiter des attaques étrangères à l'Est pour lancer des insurrections dans le Sud-Ouest. Mal préparées et concertées, ces entreprises échouent, notamment à Toulouse et Bordeaux. La répression venue du Directoire reste modérée, ce qui déçoit les républicains de ces régions qui attendaient une forte réaction(95.)

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