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Jeanne d'Arc,chapitre ,6

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Contexte politique du royaume de France (1407-1429)

Sur fond de tente fleurdelisée (le royaume de France), un loup (le duc Louis Ier d'Orléans) tentant de saisir entre ses crocs une couronne tandis qu'un lion (symbolisant les armes de Flandre du duc Jean de Bourgogne) lui donne un grand coup de patte. Enluminure d'inspiration bourguignonne (XVe siècle, Bibliothèque nationale autrichienne, Vienne).

Bataille d'Azincourt, enluminure de l’Abrégé de la Chronique d'Enguerrand de Monstrelet, Paris, BnF, département des Manuscrits, ms. Français 2680, fo 208, XVe siècle.

1429
     Territoires contrôlés par Henri VI d'Angleterre
     Territoires contrôlés par Philippe, duc de Bourgogne
     Territoires contrôlés par Charles VII
     Principales batailles
      Raid anglais de 1415
      Itinéraire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429
Depuis une crise initiale en 1392, le roi de France Charles VI, dit « le Fol » est sujet à des troubles psychiques intermittents suivis de phases de rémission. Progressivement, le souverain Valois se voit contraint de délaisser le pouvoir au profit de son Conseil, devenu bientôt le siège de sourdes luttes d'influences entre son frère, le duc Louis d'Orléans, et son oncle, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.
L'affrontement entre les ducs d'Orléans et de Bourgogne s'intensifie lorsque Jean sans Peur, fils de Philippe le Hardi, succède à son père défunt. Le nouveau duc de Bourgogne finit par faire assassiner son rival et cousin Louis d'Orléans en novembre 1407, acte déclencheur d'une guerre civile entre les Bourguignons et les Orléans. Ces derniers sont ultérieurement appelés Armagnacs en raison de l'engagement du comte Bernard VII d'Armagnac en faveur de son beau-fils Charles d'Orléans, fils et successeur du défunt duc Louis.
Profitant de ce conflit, le roi Henri V d'Angleterre relance les hostilités en brisant une longue trêve franco-anglaise. La seconde phase de la guerre de Cent Ans se caractérise donc par une guerre étrangère couplée à une guerre civile. Le monarque Lancastre débarque en Normandie en 1415. La chevalerie française subit un désastre à Azincourt, notamment en raison de la supériorité militaire conférée par les archers gallois(n 2.)
À Domrémy, on apprend que le duc Édouard III de Bar, son frère, Jean de Bar, seigneur de Puysaye, et son petit-fils le comte de Marle, sont tombés au combat. Le duché échoit au frère survivant du duc défunt, Louis, évêque de Verdun, lequel est un temps contesté par le duc de Berg, gendre du feu duc.
Au cours de l'entrevue de Montereau, le 10 septembre 1419, le dauphin Charles et Jean sans Peur doivent se réconcilier pour faire face à l'ennemi. Cependant, le duc de Bourgogne est poignardé au cours de cette rencontre, peut-être à l'instigation du dauphin lui-même et de certains de ses conseillers (dont Tanneguy III du Chastel), entre autres motifs par vengeance de l'assassinat du duc Louis d'Orléans(6.) En réaction à cet assassinat, Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur et nouveau duc de Bourgogne, se rallie aux Anglais, imité en cela par l'université de Paris.


Article détaillé : traité de Troyes.
Dès lors, les Anglais imposent le traité de Troyes, signé le 1er décembre 1420 entre le roi Henri V d'Angleterre et Isabeau de Bavière, reine de France et régente. Selon les termes de ce contrat visant une « paix finale », Henri V devient le régent du royaume de France et l'époux de Catherine de Valois, fille du roi Charles VI « le Fol »(7.) À la mort de celui-ci, la couronne et le royaume de France doivent échoir à son gendre Henri V d'Angleterre, puis perpétuellement aux héritiers successifs du roi anglais. Les historiens dénomment « double monarchie » l'entité politique définie par le traité, à savoir l'union des deux royaumes sous la férule d'un souverain unique(8.)
Or le traité de Troyes est contesté par la noblesse française puisqu'il spolie le dauphin Charles — stigmatisé en tant qu'assassin du duc Jean de Bourgogne — de son droit à la succession. En 1422, à la suite des décès successifs des souverains Henri V d'Angleterre et Charles VI de France, la dynastie des Lancastre revendique « l'union des deux couronnes » en la personne d'un enfant âgé de neuf mois : Henri VI, roi de France et d'Angleterre(8). Dans le cadre de la double monarchie, le duc Jean de Bedford, frère cadet de Henri V, devient le régent du royaume de France durant la minorité de son neveu Henri VI. Pour sa part, le dauphin Charles se proclame également roi de France sous le nom de Charles VII ; résolu à recouvrer l'ensemble du royaume, il poursuit la guerre contre les Anglais.
La situation territoriale devient alors la suivante(9 ): le Sud-Ouest du territoire français est traditionnellement soumis à la couronne anglaise, détentrice du duché d'Aquitaine depuis trois siècles(10). Dans le Nord, les Anglais contrôlent le duché de Normandie, personnellement réclamé puis conquis par Henri V en 1419, au terme du siège cruel de la capitale ducale, Rouen. Devenu régent, le duc de Bedford « s'efforce de normaliser les rapports avec les vaincus » normands(11.)
« Cœur et chef principal du royaume »(12,) Paris a subi les massacres successifs de la guerre civile ; tombée sous la coupe des Bourguignons durant la nuit du 28 au 29 mai 1418, « dépeuplée et affaiblie », la ville passe sous domination anglaise le 8 mai 1420, deux semaines avant que le traité de Troyes soit conclu(13.)
Les Anglais se lancent à l'assaut du comté du Maine en 1424 et en achèvent la conquête l'année suivante(14,)(15,) ce qui leur permet de menacer les frontières du duché d'Anjou. Du reste, Bedford se fait donner le duché d'Anjou et le comté du Maine par un acte daté du 21 juin 1424 et confirmé à Rouen par le jeune Henri VI le 8 septembre 1430(16.)
Par ailleurs, le duché de Bretagne tente de préserver sa relative indépendance en oscillant entre les couronnes de France et d'Angleterre, suivant « la voie de la neutralité opportuniste » choisie par le duc Jean V de Bretagne, dont la politique demeure « sensible néanmoins aux événements et soumise à des oscillations conjoncturelles »(17.)


Biographie
Jeunesse
Contextes politique et géographique de Domrémy

Maison natale de Jeanne d'Arc à Domrémy (Vosges).
La naissance de Jeanne d'Arc se situe vraisemblablement dans la ferme familiale du père de Jeanne attenante à l'église de Domrémy, village situé aux marches de la Champagne, du Barrois et de la Lorraine, pendant la guerre de Cent Ans qui opposait le royaume de France au royaume d'Angleterre.
Au début du XVe siècle, Domrémy se trouve imbriquée dans un territoire aux suzerainetés diverses. Sur la rive gauche de la Meuse, elle peut relever du Barrois mouvant, pour lequel le duc de Bar, par ailleurs souverain dans ses États, prête hommage au roi de France depuis 1301. Mais elle semble être plutôt rattachée à la châtellenie de Vaucouleurs, sous l'autorité directe du roi de France qui y nomme un capitaine (le sire de Baudricourt, au temps de Jeanne d'Arc). Enfin, l'église de Domrémy dépend de la paroisse de Greux, au diocèse de Toul dont l'évêque est prince du Saint-Empire germanique.
L'historienne médiéviste Colette Beaune précise que Jeanne est née dans la partie sud de Domrémy, côté Barrois mouvant, dans le bailliage de Chaumont-en-Bassigny et la prévôté d'Andelot(18.) Les juges de 1431 corroborent cette origine, de même que les chroniqueurs Jean Chartier et Perceval de Cagny. Seul Perceval de Boulainvilliers considère pour sa part qu'elle est née dans la partie nord, qui relevait de la châtellenie de Vaucouleurs et donc du royaume de France dès 1291.

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