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Histoire de France, l'Inquisition,chapitre,10

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L'anticléricalisme et l'Inquisition

L'Inquisition devient alors un thème récurrent du discours anticlérical. Voltaire la prend pour cible constante(61). Diderot et D'Alembert la prennent également pour cible dans leur Encyclopédie : dans le Discours préliminaire de l'Encyclopédie, D'Alembert la critique sévèrement, sans la nommer, pour la condamnation de Galilée(62.) Le thème de cette nouvelle image n'est plus seulement la violence, mais la raison. L'Inquisition devient le symbole de l'obscurantisme, l'instrument par lequel l'Église impose un dogme par la violence(63.)
Au XIXe siècle, le thème des Lumières continue à vivre dans le discours anticlérical, et est de plus relayé par la vision que le romantisme a donné du Moyen Âge, dont l'image est reconstruite à cette époque (voir par exemple dans un autre registre le cas de Viollet-le-Duc). Ainsi, Jules Michelet publie en 1841 le Procès des Templiers, en 1862 La Sorcière ; Victor Hugo publie en 1882 un drame en quatre actes intitulé « Torquemada », et relate, dans Notre-Dame de Paris, le sort d'Esméralda. Quelques années plus tôt, en 1867, le Don Carlos de Verdi, d'après Friedrich von Schiller, avait diffusé dans le public une image à la fois négative et emblématique avec le personnage du « Grande Inquisitore, cieco e nonagenario » (le « Grand Inquisiteur, aveugle et nonagénaire »). Ce genre de thème littéraire (se présentant parfois comme des œuvres historiques, voir Histoire de l'Inquisition en France) entretient et développe l'image d'une Inquisition menée par des ecclésiastiques rigides et pervers ayant opprimé les populations de la même manière barbare à toutes les époques. Cette vision est également propagée par l'école publique rendue publique, laïque et obligatoire par les lois Jules Ferry(64.)
Dans l'épopée des Pardaillan, un des succès de la littérature d'aventure du début du XXe siècle, l'Inquisition espagnole apparaît non seulement comme une juridiction spéciale, mais encore comme une organisation occulte autonome, plus puissante que le pape et disposant de son propre service de renseignement.
Au XXe siècle, l'Inquisition passe dans le vocabulaire courant, devenant un mot commun pour désigner un certain genre de persécution, hystérique, souvent collective et toujours spectaculaire. Le genre littéraire toujours actif se prolonge dans la bande dessinée, les jeux vidéo, faisant plus souvent référence aux stéréotypes de la légende noire de l'Inquisition que prétendant refléter une réalité plus nuancée sur la base des recherches historiques contemporaines(5.)
À la fin du XXe siècle, deux œuvres occupent une place à part. Dans son roman Le Nom de la rose (1980), Umberto Eco choisit pour personnage principal un ancien inquisiteur, Guillaume de Baskerville, qui fait office de détective élucidant une série de meurtres. Un an plus tard, dans son film La Folle Histoire du monde (1981), Mel Brooks se met lui-même en scène dans un sketch parodique qui représente l'inquisition sous la forme d'une comédie musicale.
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Perception contemporaine de l'Inquisition
Article détaillé : Image de l'Inquisition.
La superposition de ces mouvements et enjeux sociaux a probablement contribué à grossir les traits les plus noirs de la méthode de l'Inquisition : torture, dogmatisme, injustice envers des victimes innocentes, fanatisme, antijudaïsme, obscurantisme, etc.
La très grande majorité des publications contemporaines qui n'émanent pas de spécialistes de l'histoire véhiculent une représentation de l'Inquisition uniforme et très négative, reproduisant des images stéréotypées, telles que des scènes de torture sadique, des conditions d'emprisonnement inhumaines, des inquisiteurs en plein délire fanatique prenant plaisir à condamner à mort des innocents et les flammes d'un bûcher dressé sous un ciel d'orage, d'où le condamné lance une dernière malédiction(65.)
Sur le plan sémantique, les mots de la famille « Inquisition », « inquisitorial », etc. sont passés dans le langage courant avec une connotation très négative, et l'idée générale de quelqu'un qui fait subir un interrogatoire en règle sans en avoir le droit moral.
Bien sûr, cette image de l'Inquisition n'est pas uniquement le fruit de la propagande négative diffusée par les opposants de l'Église catholique et des pays qui y étaient alliés : elle repose sur la mémoire de faits historiques. Ceux-ci ne représentent qu'une proportion mineure de l'activité de ces institutions. Pour les normes sociales et éthiques contemporaines, ils restent extrêmement choquants, alors même qu'ils n'étaient pas exceptionnels pour leur époque, où la pratique de la torture restait chose courante pour obtenir des aveux (l'usage de la violence pour terroriser les populations a davantage été une méthode imposée par les monarques pour contrôler et unifier leur territoire, et ainsi donner naissance à l'État moderne, qu'une spécificité de l'Inquisition au sein de son époque).[réf. nécessaire]
Pour Mgr Claude Dagens : « l'Inquisition fait partie, avec les Croisades, les guerres de religion et les pratiques d'exclusion à l'égard de certaines personnes (notamment les Juifs), de la mémoire sombre de l'Église. Il n'est donc pas question de se refuser à des démarches de repentance. Il constate néanmoins que cette mémoire sombre entraîne une perte de visibilité de l'Église, et qu'elle se traduit aujourd'hui par une certaine indifférence religieuse. Les chrétiens doivent y faire face à partir d'une culture historique plus solide. Il ne faut pas que des épisodes négatifs du passé s'imposent dans le présent d'une manière fantasmatique. Le travail de la mémoire n'est pas fait pour aggraver une culpabilité collective, mais pour libérer la conscience sous le regard de Dieu et pour aller de l'avant »(66.)
Les lois mémorielles — par exemple loi Gayssot — présentent la difficulté d'être dans une dynamique d'inquisition : la puissance publique y reçoit la mission d'interdire des opinions par un arsenal juridique. Ces lois font objet de débats réguliers.
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Chronologie de l'Inquisition



Lutte contre les hérésies dans l'Empire romain
Ier siècle : dans ses épîtres, Paul de Tarse mentionne les premières divisions et querelles au sein des communautés chrétiennes primitives (Tit 3 :10, 1Tim 1 :20).
IIe siècle : Irénée de Lyon rédige Réfutation de la prétendue gnose au nom menteur également appelé Contre les hérésies, qui est à la fois un manuel de vie chrétienne et informe sur les principales « déviances » de cette époque qui ne se nomment pas encore les hérésies.
287 : l'empereur Dioclétien décrète la mise à mort des manichéens, les chefs seront brûlés vifs. Ce précédent dans le droit impérial justifiera par la suite qu'on brûle les hérétiques(67.)
313 : Constantin promulgue l'édit de Milan autorisant le christianisme dans l'Empire romain.
385 : l'évêque Priscillien, dont les thèses sont condamnées au synode de Saragosse en 380, est exécuté par l'empereur Magnus Maximus auprès duquel il avait fait recours à Trèves. Ce « meurtre » suscite à l'époque le scandale et la protestation de nombreux évêques parmi lesquels Ambroise de Milan et l'évêque de Rome Sirice.
407 : contre le donatisme, la loi romaine assimile l'hérésie à un crime de lèse-majesté. À la même époque, Augustin d'Hippone et Jean Chrysostome s'opposent à l'usage de la violence dans la lutte contre l'hérésie.
556 : exécution de manichéens à Ravenne par la justice de l'Empire.
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