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GUILLOTINE,chapitre,4

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La quasi tautologie, « la mort est la simple privation de la vie », souligne l’importance du mot « simple » car cette définition en finissait avec la torture. Montaigne l’avait déjà dénoncée : « Tout ce qui est au-delà de la mort simple, me semble pure cruauté »(8.) Ces articles venaient d’arrêter toute mise à mort tant que la machine qui devait tuer rapidement avec un minimum de souffrance et d’intervention humaine, restait à construire. De plus, ces articles omettaient de désigner celui qui serait chargé de l’exécuter. Une lettre en date du 2 mars 1792 du commissaire Verrier à Roederer résume la situation : « […] J’augure par le silence que vous gardez que vous n’êtes pas décidé sur cet objet ; […] il est instant que le public ait un exemple sous les yeux ; les assassinats se multiplient, et les bons citoyens se plaignent et gémissent de l’inertie et de la négligence que l’on met à exécuter la loi. Je ne vous écris que d’après le vœu de mon tribunal »(9.) Le choix de la décollation fait rugir le « zélé partisan des idées nouvelles », Raymond Verninac de Saint-Maur(note 3 )dans le journal « Le Modérateur », et qui la dénonce comme « un supplice d’aristocrate et pas assez honteux »(10. )


Un code qui fit date
Ces articles novateurs sont repris vingt ans plus tard lors de la promulgation du Code pénal en date du 12 février 1810, au chapitre premier des « Peines criminelles » :
12° Tout condamné à mort aura la tête tranchée.
13° Le coupable condamné à mort pour parricide sera conduit sur le lieu de l’exécution, en chemise, nu-pieds, et la tête couverte d’un voile noir. Il sera exposé sur l’échafaud pendant qu’un huissier fera au peuple lecture de l’arrêt de condamnation ; « il aura ensuite le poing droit coupé », et il sera immédiatement exécuté à mort.
14° Les corps des suppliciés seront délivrés à leurs familles, si elles les réclament, à la charge par elles de les faire inhumer sans aucun appareil [dans la discrétion].
la mention entre guillemets du 13° sera abrogée par la loi du 28 avril 1832(11). Elle montre que l’abomination du parricide restait bien vivace, mais que, de toute évidence, cette résurgence d’un acte de cruauté entrait en contradiction avec un article fondamental de 1791. Cette loi du 28 avril 1832 introduit également la notion de circonstances atténuantes généralisées à l'ensemble des crimes(12,) si bien qu'on passe de 100 condamnés à mort en moyenne avant 1832, à 50 en 1833, 5 en 1870(13.)


Les ancêtres de la guillotine
Article détaillé : Tranche-tête.
Rien ne permet d’affirmer que le docteur Guillotin se soit donné explicitement comme l’inventeur de la guillotine. Mais il est certain qu’il en imposa le premier le principe en France où il était pratiquement ignoré. Tout au plus peut-on lui reprocher des expressions ambiguës qui, sorties de leur contexte, ont été mal interprétées ; et la machine lui fut attribuée malgré lui. Quelques ouvrages se sont empressés par la suite de rétablir la vérité, notamment la « Notice sur la guillotine » d’Adolphe Bloeme (1835).


La Mannaia italienne

Gravure d'après Bonasone (1555)
Le chroniqueur Jean d’Authon décrivait déjà au début du XVIe siècle une doloire ajustée dans un « gros bloc », lequel, maintenu par une corde et « venant d’amont entre deux poteaux », sépara la tête des épaules du Génois Giustiniani, en 1507, puni pour avoir fomenté une révolte contre Louis XII. Mais c’est l'abbé Jean-Baptiste Labat qui est un des premiers Français à avoir amplement parlé de cette machine peu ordinaire : la « mannaia »(14.) Un des amis de Guillotin a révélé que le médecin aurait formé ses idées d’après un récit similaire mais anonyme : Voyage historique et politique de Suisse, d’Italie et d’Allemagne (Francfort, 1736) où l’on trouve une description précise de cette mannaia(15.)
Labat pourrait être un inspirateur de Louis et de Guillotin car il avait déjà livré de semblables réflexions sur l’instrument : « Cette manière est très sûre et ne fait point languir un patient, que le peu d’adresse d’un exécuteur expose quelquefois à recevoir plusieurs coups avant d’avoir la tête séparée du tronc ». Ce supplice était cependant réservé aux gens de bonne condition. Le supplicié, à genoux, posait son cou sur une traverse. Le couperet était un rectangle de fer aiguisé d’une dizaine de pouces de long et de six de haut, hissé tout en haut par une corde qu’on lâche. C’est probablement cette méthode italienne qui a été imitée dans le Languedoc. Dans les mémoires de Puységur(16,) il est relaté une insolite exécution en 1632, dans la cour du Capitole à Toulouse, qui est celle du duc de Montmorency, condamné, en dépit de ses services, par un Richelieu sans merci, dont il avait tenté d’abattre la puissance. « En ce pays-là, on se sert d’une doloire qui est entre deux morceaux de bois et, quand on a la tête posée sur le bloc, on lâche la corde ».
Une gravure de Giulio Bonasone qui illustre l'exécution du Lacédémonien Lacon, avec une « guillotine » d'ailleurs peu détaillée, figure dans le « Symbolicae quaestiones de universo genere », d’Achille Bocchi, imprimé en 1555.

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