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Camille Desmoulins,chapitre,4

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Jugements contemporains

« Camille avait été pour le moins aussi ami de Robespierre que de Danton. Mon frère avait pour lui une amitié très vive ; souvent il m'a dit que Camille était peut-être celui de tous les révolutionnaires marquans qu'il aimait le plus, après notre jeune frère et Saint-Just. Desmoulins était un véritable patriote, et avait plus de vertu que Danton ; sans en avoir autant que mes deux frères ; il avait les qualités les plus aimables, mais aussi quelques défauts qui causèrent sa perte ; il était orgueilleux et irascible : dès qu'il se croyait offensé il ne pardonnait plus, et faisait jouer contre ceux dont il croyait avoir à se plaindre les redoutables traits d'une critique mordante et acerbe.
Des hommes qui étaient loin de le valoir pour le patriotisme et pour le talent, et qui étaient jaloux de sa gloire, le calomnièrent et l'accusèrent d'être vendu aux aristocrates ; il n'en fallut pas davantage pour que le bouillant Camille se déchaînât, et contre ceux qui l'attaquaient, et contre ceux qui, sans l'avoir attaqué, suivaient la même ligne de conduite que ses calomniateurs. Voilà pourquoi, au lieu de repousser les imputations de quelques membres des comités qui étaient ses ennemis personnels, il attaqua les comités en masse, fronda leurs actes, révoqua en doute la pureté de leurs intentions, et se rapprocha même des aristocrates. Les calomnies redoublèrent, ou plutôt les mensonges qu'on avait débités contre lui lorsqu'il était irréprochable devinrent des vérités, lorsque, par ressentiment, il eut cessé d'être pur. De jour en jour il se sépara davantage de ses anciens amis, fit cause commune avec Danton, et, se laissant aveugler par les éloges sans nombre que les aristocrates lui prodiguaient à cause de ses hostilités avec les plus terribles révolutionnaires, il devint réellement, l'acolyte de l'aristocratie. Le malheureux Camille tournait dans un cercle vicieux ; les ennemis de la révolution l'élevaient jusqu'aux nues, vantaient ses principes, son éloquence, sa modération. Toutes ces louanges le rendait suspect aux yeux des véritables démocrates, ses ennemis en faisaient des armes contre lui, et disaient : Camille est contre-révolutionnaire. Camille, que cette accusation mettait hors de lui, se ruait avec plus de fureur contre ceux qui l'accusaient, et les aristocrates redoublaient d'éloges.
C'est alors que Desmoulins publia son Vieux Cordelier, où il faisait pour ainsi dire le procès à tous les révolutionnaires, et, par contre, à la révolution. C'était une haute imprudence de sa part ; c'était plus, c'était un crime. Mon frère aîné me dit tristement à ce sujet « Camille se perd. ». Il ressentait un très vif chagrin de le voir déserter la sainte cause de la révolution, et, au risque de se compromettre lui-même, il prit plusieurs fois sa défense ; plusieurs fois aussi il essaya de le ramener, et lui parla comme à son frère, mais inutilement. Dans une des séances de la Société des jacobins, où une explosion de reproches et d'accusations tombait sur Camille Desmoulins et sur son Vieux Cordelier, Maximilien prit la parole, et tout en blâmant énergiquement l'écrit chercha à justifier l'auteur. Malgré son immense popularité et son influence extraordinaire, des murmures accueillirent ses paroles. Alors il vit qu'en voulant sauver Camille il se perdait lui-même. Camille ne lui tint pas compte des efforts qu'il avait faits pour repousser les accusations dont il était l'objet ; il ne se rappela que du blâme qu'il avait déversé sur son Vieux Cordelier, et dès lors il dirigea mille diatribes acrimonieuses contre mon frère. »


— Charlotte Robespierre(26)
Œuvres
Ode
Discours à la lanterne
La France libre
L'Histoire des Brissotins (juin 1793)
Les Révolutions de France et de Brabant (1789-juillet 1791)
Le Vieux Cordelier (décembre 1793-février1794)
La Tribune des patriotes avec la participation de Louis-Marie Stanislas Fréron (avril-mai 1792)
Jacques-Pierre Brissot démasqué (février 1792)
Les Nouvelles Révolutions de France et de Brabant, en collaboration avec Merlin de Thionville (novembre-décembre 1792)

Cinéma et télévision
Danton (1921), film réalisé par Dimitri Buchowetzki. Rôle joué par Josef Runitsch.
Napoléon (1927), film réalisé par Abel Gance. Rôle joué par Robert Vidalin.
La Terreur et la Vertu (1964), téléfilm réalisé par Stellio Lorenzi. Rôle joué par Roger Crouzet.
La mort de Danton (1970), téléfilm réalisé par Claude Barma. Rôle joué par Michel Le Royer.
Les Amours sous la Révolution : Lucile et Camille Desmoulins (1977), téléfilm réalisé par Jean-Paul Carrère. Rôle joué par Bernard Alane.
Danton (1982), film réalisé par Andrzej Wajda. Rôle joué par Patrice Chéreau.
La Révolution Française : les Années Lumière, La Révolution Française : les Années Terribles (1989), film réalisé par Robert Enrico et Richard T. Heffron. Rôle joué par François Cluzet.
Charlotte Corday (2008), téléfilm réalisé par Henri Helman. Rôle joué par Raphaël Personnaz.
Une femme dans la Révolution (2013), téléfilm réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe. Rôle joué par Alexis Loret.

Théâtre
1835 - Georg Büchner, La Mort de Danton
1988 - La Liberté ou la mort d'après Danton et Robespierre d'Alain Decaux, Stellio Lorenzi et Georges Soria. Pièce mise en scène par Robert Hossein et jouée au Palais des congrès de Paris avec Daniel Mesguich dans le rôle de Camille Desmoulins.
2012 - 1789 les amants de la Bastille : Spectacle musical de Dove Attia et Albert Cohen, avec Rod Janois dans le rôle de Desmoulins
Roman
1872 - Alexandre Dumas, Création et rédemption ("Le docteur mystérieux", "La fille du marquis")
2008 - Christophe Bigot, L'Archange et le Procureur, éditions Gallimard (Paris), (ISBN 978-2-07-012084-0)
Annie Jay et Micheline Jeanjean, L'Inconnu de la Bastille.

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