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Partir seule: 3 aspects fondamentaux afin de s’épanouir en solo

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Mon dernier billet remonte à il y a quelques semaines déjà… C’était la fin de ma saison dans les Alpes, un moment transitoire, incertain… Mais c’était également un élan que je prenais pour partir me réchauffer le cœur et les pieds sur le sable fin des plages de la côte Est du Sri Lanka… Faire le vide après un hiver intense, remettre mes pendules à l’heure et reprendre des forces.

Ce voyage me faisait un peu peur, car malgré ma familiarité avec le pays du Ceylan, cette île et la culture des gens qui y vivent, je n’avais passé que quelques jours à Arugambay à l’automne dernier et donc… je ne savais pas du tout si j’allais pouvoir m’épanouir pendant un mois entier au même endroit compte tenue de mon état d’esprit du moment et de ma propension à être constamment en mouvement.

J’ai toujours été de nature changeante. Les gens qui me connaissent bien savent qu’il ne faut pas me poser trop de questions sur mes projets à long terme, mais surtout, ils savent que le changement fait partie intégrante de qui je suis et de mon mode de vie en général. D’idée, de tempérament, je change constamment… Mais qui ne change pas ? Je suis d’accord… certaines personnes ont des façons de faire et de penser qui sont vraiment plus stables, mais encore aujourd’hui, j’apprends à vivre avec ces envies qui vont et qui viennent, ces émotions, sensations qui s’élèvent en moi comme le feu et qui se meuvent comme la houle. Donc en venant au Sri Lanka ce printemps, j’avais décidé de rester au même endroit pour la totalité de mon séjour, c’est-à-dire un mois. Pour moi, cela représentait un réel défi, mais je savais que mes corps (physique, mental et émotionnel) m’en seraient reconnaissants.

Ce mois de mai aura donc été un mois très instructif sur le plan personnel. Voyager seul vient avec son lot d’avantages et d’inconvénients, mais c’est une façon très intense et directe de se retrouver ; afin d’identifier et de comprendre ses modes de pensées, ses schémas relationnels et son fonctionnement propre à travers diverses situations. Pour moi, il aura été d’abord rempli d’appréhensions, puis d’action et de contemplation pour finalement se transformer en inspiration, confiance et gratitude. Mon séjour m’aura permis de venir à la rencontre d’une autre version de moi-même. De recoller les pièces du puzzle qui s’étaient perdues en cours de route, mais surtout, de prendre conscience de ce que je souhaite profondément… Je réalise à ce jour combien c’est essentiel de s’aimer suffisamment afin de vivre la vie à laquelle on aspire et de suivre son propre courant et ainsi, réaliser ses rêves.

J’ai toujours été fleur bleue, un brin naïve sur les bords… J’ai longtemps cru au prince charmant, pensé que les choses allaient s’arranger d’elles-mêmes. Ce voyage fut un peu comme un claque en pleine face. J’ai réalisé pour la première fois depuis longtemps que… j’étais seule. Et après avoir été heureuse, triste et désemparée, je suis maintenant lucide et confiante. Le fait d’être seul est assez paradoxal, car nous ne le sommes jamais vraiment au final… Dans les vagues, au restaurant, en soirée ou dans la rue, nous sommes amenés à croiser la route de d’autres individus qui comme nous, ont des rêves, des envies, des amis et des soucis…

Si vous pensez vous aussi à partir en solo, si vous ressentez ce besoin urgent de vous retrouver seul avec vous-même à l’autre bout du monde ou tout près de chez vous pour un stage ou une retraite quelconque, je vous partage, à travers les lignes qui suivent, 3 aspects fondamentaux qui m’ont permis de retrouver mon équilibre et d’être bien avec moi-même pendant ce séjour, à trouver ma place et à profiter de la vie, tout simplement.

ÉCOUTER SON COEUR

Je pense que ce n’est pas toujours évident, mais si on est présent à soi-même, aligné dans le moment, si on écoute ce qui se passe au fond de soi, c’est facile de savoir si quelque chose est bon pour soi ou non. Souvent, quand on se retrouve seul dans un nouvel environnement, on est confrontés à des situations nouvelles, à des rencontres impromptues et on doit souvent prendre des décisions très rapidement. Avec du recul, je reconnais que ma timidité et mon »besoin illusoire d’être reconnue et aimée » m’ont souvent influencé négativement. Être emballée par de nouvelles rencontres, être en contact avec des gens qui festoient ou qui ont une tout autre approche de la vie… C’est aussi ça voyager ; rencontrer l’autre, échanger, discuter, faire un bout de chemin ensemble… ou prendre une route différente après avoir eu un contact bref et intense. Lorsque l’on voyage, même si on reste au même endroit pendant un certain temps, la vie s’accélère et tout peut aller très vite. L’ambiance est souvent festive, les énergies sont volatiles et c’est si simple de se laisser emporter par la vague. Il n’est pas simplement question d’échanges interpersonnels ou physiques, mais d’opportunités, de synchronicités qui se présentent subtilement. Savoir reconnaître quelle situation est en faite une occasion magique d’évoluer ou une voix glissante à éviter est très simple. Pour moi, ça doit être naturel et ça doit venir du cœur. Si au fond de moi, je sens que quelque chose cloche, mes antennes s’allument et je reste vigilante. Cela ne veut pas dire que j’évite une personne ou une situation quand je sens que quelque chose n’est pas juste, mais je garde une certaine distance et une marge de manœuvre au cas ou les choses viendraient à tourner au vinaigre. La timidité me fait parfois faire des choses dont je n’ai pas 100% envie. Par peur de déplaire ou de décevoir, par peur du rejet… J’ai souvent été trop sympa, et je me suis fait prendre à mon propre jeux. Il y aura toujours des individus qui voudront abuser de la gentillesse des autres. Il y aura toujours des gens qui ne seront que de passage dans notre existence si brève et si intense à la fois. Avec du recul, je pense que suivre ses envies, mais honorer celles qui viennent du cœur est plus juste et plus saint que de simplement se laisser emporter par la vague ! Se respecter soi-même et reconnaître chez l’autre le respect qu’il a envers lui-même et envers ceux qui croisent sa route en dit long sur un individu. La porte ne doit pas toujours être ouverte. Sinon, c’est lassant, épuisant et dur sur le plan émotionnel. Ce n’est pas toujours évident vous direz, d’écouter son cœur… J’en conviens, car rester derrière le voile et se mentir à soi-même est parfois plus »rose », mais au fond de moi, au fond de chacun d’entre nous, notre être sait ; il connaît la suite. Alors, aussi bien tendre l’oreille et suivre les messages subtils, les signaux d’alerte que nous ressentons en nous.

RECONNAÎTRE SES PROPRES LIMITES

Savoir ce que l’on ne veut pas est une chose, déterminer ce que l’on souhaite attirer à soi en est une autre. Tant de gens ne savent pas ce qu’ils veulent… Ils savent simplement ce qu’ils ne veulent pas. Or, le cerveau n’assimile pas la négation, il ne retient que l’idée principale.

En voyageant, on est exposé à rencontrer des gens, à se mêler aux autres, mais jusqu’à un certain point. On est confrontés à d’autres horizons, d’autres cultures, d’autres points de vue… On échange, on partage puis, pour certains, on poursuit son chemin alors que pour d’autres, l’ancre restera au fond de l’eau un peu plus longtemps.

Je suis amoureuse de ce pays. Sa couleur, sa culture, tant de choses différentes de ce que je connais, mais plus j’y séjourne, plus j’ai envie d’y rester. Je me mêle aux locaux qui sont généreux et ouverts, je rencontre d’autres voyageurs qui sont de passage, ou encore d’autres aventuriers qui, comme moi, sont partis de leur terre natale depuis déjà un moment et qui vivent simplement, au jour le jour, leur vie au rythme de leurs envies. Je n’ai pas de difficulté à aller vers l’autre, mais je sais, de par mes expériences personnelles que parfois je ne peux pas suivre le rythme de ceux-ci. Savoir reconnaître ses propres limites, tant physiques, psychologiques qu’émotionnels est fondamental et très puissant, car il permet à qui s’y adonne, de rester en accord avec soi-même, avec ses principes, d’honorer la voie du centre afin d’être bien, tout simplement.

J’en ai vu de toutes les couleurs!
Des gens si stricts et rigides qu’ils en oublient de profiter de l’éphémère, du beau et du maintenant et de se laisser guider par leurs envies.
Des gens qui font la fête sans arrêt et qui, dès qu’ils en l’occasion, se ruent sur drogues, alcool, fêtes nocturnes et fiesta sur la plage jusqu’aux petites heures du matin !
Des gens qui ne reconnaissent pas les limites de leur corps physique et qui, malgré la douleur et les coups de soleil, retournent à l’eau sans arrêt…
Mais aussi des sourires, des fous rires, des échanges de regards puis des discussions existentielles, des moments de franches camaraderies, de complicité et d’une beauté inégalée…
Bref, en résumé, que du bon !

Il y a eu pour moi un miroir très intéressant à travers chacune de ses rencontres faites pendant les dernières semaines. Surf, soleil, soirées festives combinées à des moments d’introspection en yoga ou en méditation… Mon corps physique m’a parlé, j’ai dû écouter et prendre le repos nécessaire afin de soigner une vieille blessure aux côtes qui a refait surface. J’ai préféré prendre du recul suite à certains moments passés en compagnie de gens qui, au final, n’étaient pas du tout pour moi, alors que d’autres personnes ont gardé leurs distances par rapport à moi alors que je me plaisais bien en leur compagnie. Chacun est différent et rien n’arrive pour rien. Tout est une leçon et je pense réellement que ces »leçons » sont plus faciles à digérer quand on est capable de reconnaître ses propres limites et savoir quand prendre ses distances ou savoir quand prendre sa place. S’affirmer, se respecter soi-même, se faire respecter (surtout en tant que femme !)… Tout cela a joué en faveur d’un mois riche en prise de conscience et d’évolution personnelle.

ACCEPTER LES CHOSES TELLES QU’ELLES SONT

On ne contrôle pas l’autre. On ne peut pas toujours avoir gain de cause et avoir raison… La seule personne sur qui on peut travailler, c’est soi-même. Pour moi, ces derniers 30 jours m’auront permis de cheminer dans l’acceptation de ce qui est… mais surtout de ce qui n’est plus et de ce qui ne sera jamais. Accepter, c’est aussi faire confiance, lâcher-prise et rester positif par rapport aux événements et diverses circonstances de la vie. Je partais pour un mois, avec mon petit baluchon pour simplement me déposer, mais au final, j’ai vécu des moments hauts en émotions et en couleur et j’ai surtout réalisé que ma vie m’appartient et que je suis la seule responsable de mon bonheur. Ce ne sont pas une relation, une destination, un métier ou encore une amitié qui pourront faire en sorte que je sois heureuse, mais bien mon attitude à l’égard de toutes ces facettes de la vie, de notre existence. Les Sri Lankais ont à cœur le fait d’être heureux. »Be Happy my friend ! Smile ! » Ils s’efforcent de voir le côté positif de la vie en toutes circonstances, car selon eux, être heureux est un »mindset » pas un objectif en soi. Autrement dit, le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager. Et si on est juste, ouvert et réceptif, on peut voir toute la beauté de ce monde dans les petits moments simples de notre quotidien.

J’accepte donc de rentrer en France, car c’était prévu ainsi, mais surtout, j’accepte et je reconnais que mon amour pour ce pays pour ce lieu va au-delà de l’entendement ; je m’y sens chez moi plus qu’ailleurs et donc, j’ai envie d’y faire quelque chose de concret, j’ai envie de m’y investir plus en profondeur et de voir comment moi, Stéphanie, je peux arriver à partager ma couleur et mes intentions avec ce peuple et cette communauté. Et donc, avec tout ce qui a changé pendant ce dernier mois, avec tout ce qui n’est plus et tous les plans auxquels je m’étais préparé, j’accepte ce vent qui tourne et qui emporte sur son passage les plans pré établi et la vie occidentale conventionnelle. Comme le 5e accord toltèque le stipule: »soyez sceptique, mais apprenez à écouter »… Je me permets donc de remettre en cause mes choix et décisions antérieures afin d’ouvrir la porte de ma créativité et suivre cet élan de vie qui m’a nourrie depuis ce séjour sous les palmiers. J’accepte de reconsidérer ma vie en général, mes envies, ambitions, projets et souhaits profonds; j’accepte d’écouter cette petite voix au fond de moi qui chuchote depuis un moment déjà. Je n’en dirai pas plus pour l’instant ; mais en somme, ce voyage aura égayé mon imagination et mon envie de faire partie de quelque chose de beau, de simple et de vrai.

J’accepte d’être seule sur cette route et de prendre possession de mes propres moyens afin de vivre la vie dont j’ai envie et afin d’être heureuse, tout simplement.

Au final, je n’aurais jamais pensé que ce mois au Sri Lanka aurait eu autant d’impact sur ma personne et sur mon chemin de vie. Je venais en mode vacances, mais des élans plus profonds et persistants se sont manifestés à nouveau. À travers ces moments magiques et moins roses, j’ai su reconnaître que parfois, je ne pouvais pas tout contrôler. Ainsi, lâcher-prise, suivre son cœur, reconnaître mes propres limites, mais surtout accepter les choses comme elles sont m’a permis de me repositionner par rapport à ce que je souhaite accomplir en tant qu’individu.

Les larmes ont coulé dans l’avion alors que je survolais les continents et océans… Ça me fait toujours de l’effet de quitter cette maison spirituelle; Mais au fond de moi, ce n’étaient pas simplement des larmes de tristesse, bien au contraire. Aujourd’hui, je sais un peu plus qui je suis. Je sais un peu plus ce que je souhaite accomplir sur cette terre. Je sais ce que je vaux et je sais surtout que rien ni personne ne peut m’empêcher de briller et de suivre cet élan de vie qui m’habite.

Texte de stéphanie Gagne

Source : monyogavirtual
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